02/09/2026
2 septembre… 28 ans sans toi, Maman. ❤️
Il y a des dates que le temps adoucit, mais qu’il n’efface jamais.
Le 2 septembre en fait partie.
J’avais 18 ans lorsque tu es partie.
Tu n’en avais que 38.
38 ans… bien trop jeune.
Chaque année, cette journée ravive forcément quelque chose. La douleur n’est plus la même. Elle s’est transformée avec le temps, elle est certainement un peu moins vive chaque année… mais elle est là.
Et puis finalement, le 2 septembre n’est qu’une date. Parce qu’il n’y a pas vraiment un jour où je ne pense pas à toi.
Aujourd’hui, je n’ai pas envie de parler seulement de ton absence.
J’ai envie de parler de toi.
De cette femme qui a passé sa vie à se battre, à essayer de se construire, à avancer malgré les épreuves.
De cette maman qui a eu le courage de prendre des décisions difficiles pour protéger ses enfants.
De cette femme qui a aussi su reconnaître ses propres limites, ses fragilités, et qui, malgré tout, a su nous montrer tellement d’amour.
Avec mes yeux d’adulte, je ne t’idéalise pas.
Je te vois avec tes qualités et tes défauts. Tes forces et tes fragilités. Tes réussites, tes erreurs, tes blessures… Je te vois dans toute ton humanité.
Et je crois que c’est aussi cela, aimer profondément quelqu’un : ne pas avoir besoin de le rendre parfait pour l’aimer dans tout ce qu’il est.
Tu m’as transmis tellement de choses.
Mais s’il y en a une qui m’accompagne encore aujourd’hui, c’est cette force incroyable que tu m’as laissée.
Cette capacité à me relever. À avancer. À aimer fort. À protéger ceux que j’aime. À me battre pour ce qui compte.
Et depuis toutes ces années, il y a une question à laquelle j’aimerais tellement t’entendre répondre…
Est-ce que tu serais fière de moi ?
Fière de la femme que je suis devenue.
Fière de la maman que je suis.
Fière du chemin parcouru, avec mes forces, mes failles et mes imperfections, moi aussi.
J’aime croire que oui. ❤️
Et puis, il y a tout ce que tu n’as pas connu…
Aujourd’hui, tu aurais six petits-enfants.
Six petits-enfants incroyables, généreux, aimants, drôles, sensibles, chacun avec sa personnalité.
Ils t’auraient apporté tellement d’amour. Et je sais combien, toi, tu les aurais aimés.
Cette pensée me serre parfois le cœur.
Mais j’aime aussi penser que tu vis un peu à travers eux.
Dans certaines valeurs que nous leur transmettons. Dans notre façon de les aimer et de les protéger. Dans cette force qui passe parfois d’une génération à l’autre sans même que l’on s’en rende compte.
Une part de toi continue son chemin avec nous.
Ton absence m’a aussi appris quelque chose qui peut sembler tout simple : l'importance des photos.
Aujourd’hui, j’en prends énormément.
Parce que de toi, de nous, j’en ai finalement si peu.
Je n’ai presque pas de photos avec ma maman.
Et plus les années passent, plus je mesure à quel point elles me manquent.
Alors je photographie mes enfants, ma famille, nos moments ensemble, même les plus simples. Peut-être parfois trop… mais je sais pourquoi je le fais.
Aujourd’hui, nous prenons des centaines de photos que nous ne regardons parfois même plus et que nous laissons dormir dans nos téléphones.
Pourtant, elles sont précieuses.
Alors faites des photos.
Mais surtout, imprimez-les. Faites des albums. Regardez-les. Partagez-les. Racontez les souvenirs qui vont avec.
Parce qu’un jour, une simple photo d’un moment qui semblait complètement ordinaire peut devenir un véritable trésor.
J’aurais tellement aimé avoir davantage d’images de toi. De nous. Pouvoir ouvrir un album et retrouver un peu de notre histoire.
Alors aujourd’hui, je fabrique ces souvenirs pour mes enfants.
Une photo ne remplacera jamais une voix, une odeur, des bras ou une présence…
Et après 28 ans, ce sont peut-être ces choses-là qui me manquent le plus.
Ta voix me manque.
Tes bras me manquent.
Et parfois, il y a quelque chose d’encore plus simple et difficile à expliquer : ça me manque de pouvoir dire « Maman » et de savoir que quelqu’un me répondra.
Il m’arrive aussi d’imaginer ce qu’aurait été la vie avec toi.
La femme que tu serais devenue.
La relation que nous aurions aujourd’hui.
Les repas de famille avec tes six petits-enfants autour de toi.
Nos discussions, nos rires, certainement nos désaccords aussi…
Tous ces moments ordinaires que nous n’avons pas eus et qui auraient finalement été si précieux.
Ton prénom était Tassadit.
Un prénom kabyle qui signifie « la bienheureuse », « la bien-aimée », « celle qui est lumineuse ».
Et aujourd’hui, ces mots prennent forcément un sens particulier.
La bien-aimée… tu l’es toujours.
La lumineuse… tu l’es restée.
Et si aujourd’hui je partage quelque chose d’aussi intime ici, ce n’est pas pour exposer ma douleur ni notre histoire.
C’est simplement ma façon de te faire une place, encore.
De prononcer ton prénom.
De parler de toi.
De dire que tu as existé.
Que tu as compté.
Que tu comptes toujours.
Et peut-être aussi, pendant quelques instants, de te faire exister ailleurs que dans mes souvenirs.
Parce que finalement, ceux que nous aimons continuent aussi d’exister dans ce que nous racontons d’eux, dans ce qu’ils nous ont transmis, dans nos gestes, dans nos enfants, dans nos souvenirs et dans l’amour qu’ils ont laissé derrière eux.
28 années ont passé depuis ce 2 septembre.
La jeune fille de 18 ans a grandi.
Elle est devenue une femme.
Elle est devenue une maman.
Mais aujourd’hui, quelque part en moi, elle aimerait simplement retrouver les bras de sa maman.
Tu me manques, Maman.
Je t’aime pour tout ce que tu étais.
Pour tout ce que tu m’as donné.
Pour tout ce que tu as laissé en moi.
Et aujourd’hui, j’avais simplement envie de parler de toi.
Tassadite, appelée Tessa.
Ma maman. ❤️