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Assurer l'inassurable: l'amiante1 Introduction :Deux villes en Amérique du Nord portent des noms tristement célèbres car...
15/06/2021

Assurer l'inassurable: l'amiante

1 Introduction :

Deux villes en Amérique du Nord portent des noms tristement célèbres car associées à des maladies :

-la ville de Lyme, dans le Connecticut (USA), associée à la maladie éponyme
-la ville d’Asbestos, du nom de l’amiante en anglais, ville qui vient même de décider de se rebaptiser

2 Historique :

Dès le XIXème siècle, l’amiante (ou asbeste) est remarquée pour ses nombreuses propriétés de résistance au feu et à diverses agressions.

Elle fut dès lors massivement intégrée à des colles, des mastics, des plaques d’amiante-ciment, des dispositifs de calorifugeage.

Cependant, dès les années 1890, on détecte son caractère nocif pour la santé : fibrose pulmonaire, cancers,...

3 Législation :

La France interdit l’emploi de ce matériau le 1er janvier 1997 par le décret 96-1133 du 24 décembre 1996, pris en application du Code du travail et du Code de la consommation.

En 1998, un « Fonds de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante » (FCAATA https://retraitesolidarite.caissedesdepots.fr/fcaata) est créé. Les fonctionnaires en sont exclus.
En décembre 2000, un « Fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante » (FIVA http://www.fiva.fr) est voit le jour.

En novembre 2002, la norme AFNOR NF X 46-020 décrit la procédure de diagnostic à utiliser pour déceler la présence d’amiante dans les bâtiments construits avant l’interdiction totale de l’amiante en 1997.
Tout désamiantage ou démolition d’un bâtiment amianté doit faire l’objet d’un plan de retrait déposé à la Direction départementale du travail.
En cas de désamiantage « sauvage », le recours consiste en un appel à l’inspection du travail pour faire cesser le chantier (« constat d'amiante ») : En 2018, 320 chantiers/entreprises stoppés par un inspecteur du Travail (chiffre en baisse de 20% vs l’année précédente).

Le 3 juin 2011, un décret modernise la part du code de la santé publique relative à la prévention de ces risques dans les immeubles bâtis, pour protéger les personnes circulant ou travaillant dans des immeubles amiantés.

Le 23 février 2012, un arrêté précise la formation des travailleurs à la prévention du risque amiante :

- Sous-section 3 : Désamiantage
- Sous-section 4 : Personnes intervenant sur des produits amiantés ou à proximité des produits amiantés
Arrêté du 6 mars 2018 relatif à l’utilisation du heaume ventilé à des fins d’étude lors d’opérations comportant un risque d’exposition aux fibres d’amiante.

Le désamiantage risque de durer aussi longtemps qu’a duré « l’amiantage » : On parle de curage des bâtiments jusqu’en … 2060 (Voir ttps://www.team2.fr/article/entretien-valame-traiter-l%E2%80%99amiante-pour-ne-plus-l%E2%80%99enfouir).

4 Amiante et assurances :

L’industrie de l’assurance prend très vite ses distances avec ce risque : Dès 1918, des assureurs américains refusent d’assurer les travailleurs de cette industrie.

L’industrie cependant se comporte de manière largement irresponsable, comme la Johns-Manville Corporation :

Fondée en 1858, cette société est spécialisée dans les matériaux anti-feu et les tubes.
Elle équipe de nombreux navires de l’US Navy dès 1945 avec de l’amiante.
Dès 1933, il apparait que son assureur, Metropolitan Life Insurance Company, l’encourage dans la dissimulation des risques liés à l’amiante.
En 1949, le management décide de ne pas tenir informés les travailleurs même malades de leur situation.
En 1982 la Johns-Manville Corporation fait faillite.
Un fonds pour les victimes est créé, abondé à hauteur de 2,5 milliards de USD, qui reçoit près de 89 000 plaintes (Voir https://www.iii.org/article/liability-for-asbestos-related-diseases %20Beginnings%20of%20Litigation). Les plaintes ne pourront être honorées qu’à hauteur de 10%.

Il ne faut dès lors pas s’étonner de l’aversion des assureurs pour ce phénomène :

-Au Royaume Uni, 2400 décès annuels sont enregistrés et les assureurs estiment dépenser 200 millions de livres annuels en indemnisation des victimes (source : ABI Association of British Insurers)

-Aux USA, les règlements d’indemnités atteignent 2 milliards de USD annuels, et ce depuis 2002 (source AM Best), même s’ils commencent graduellement à baisser.

-En France, chez Saint-Gobain, le pôle de produits pour la construction, essentiellement à travers Saint-Gobain PAM, est aujourd'hui une « coquille vide » qui gère le passif d'Everite. En effet, la personne morale Everite existe toujours, mais seulement pour les besoins des procès en faute inexcusable intentés par d'anciens salariés. C'est, au sein du groupe Saint-Gobain, en France, l'entité qui doit assumer les conséquences de l'exploitation de l'amiante.

C'est d'ailleurs un souci majeur de Saint-Gobain en termes de procès puisque, du fait de l'activité historique de la société américaine Certain Teed, en grande partie avant son acquisition par Saint-Gobain, un certain nombre de procès complexes relevant du système juridique américain sont en cours.

D'ailleurs, la Compagnie a dû constituer des provisions pour indemniser les salariés. La plupart des provisions sont surtout destinées aux procès américains. Rappelons que, dans le système américain, qui est celui des « class actions », on n'est pas obligé d'avoir une pathologie déclarée pour pouvoir engager un procès.

Les Constructions Mécaniques de Normandie (CMN) sont un autre cas de grande difficulté financière associée à l’amiante (source Senat : Le drame de l'amiante en France : comprendre, mieux réparer, en tirer des leçons pour l'avenir www.senat.fr/rap/r05-037-1/r05-037-130.html).

5 Les risques de mise en cause pour l’entreprise :

Les entreprises peuvent être attaquées pour des préjudices à leurs employés (51) ou des préjudices à l’environnement (52) :

51 La faute inexcusable de l’employeur :

En cas de reconnaissance de la faute inexcusable de l'employeur, la victime d'une maladie liée à l'amiante peut notamment se voir attribuer une majoration de sa rente au titre de la faute de l'employeur qui vient s'ajouter à la réparation déjà intégrale accordée par le FIVA. Pour une personne dont le taux d'IPP est de 100 %, les réparations complémentaires accordées par les Tribunaux des Affaires de Sécurité Sociale (TASS) au titre du préjudice physique, moral et d'agrément s'échelonnent entre 100.000 et 300.000 euros (source ibid).

La faute inexcusable de l’employeur fait d’ailleurs désormais partie, en standard, des garanties du contrat Responsabilité Civile, avec des montants de garantie croissants.

52 Les responsabilités liées à l’environnement :

3 responsabilités peuvent être invoquées :

521 La responsabilité civile du fait du préjudice écologique :

Depuis la loi du 8 aout 2016, les entreprises doivent réparer les préjudices écologiques liées à leur activité ou à leurs produits. Ex : Une cuve de gasoil fuyarde met en danger une population de batraciens.

522 La responsabilité civile atteinte à l’environnement (RCAE) :

C’est la plus ancienne garantie, présente de base dans les contrats. Cette responsabilité est engagée en cas de dommages corporels, matériels et immatériels subis par les tiers, et résultant d’une atteinte à l’environnement consécutive à un accident imputable à son activité. Ex : Explosion du transformateur de l’usine.

523 La responsabilité environnementale :

Elle résulte du principe « pollueur-payeur » de la loi du 1er aout 2008. A la différence de la précédente, elle intervient même en l’absence de tout dommage à un tiers. Elle prévoit une réparation en nature.

6 Assurer le risque amiante :

61 Le cas des entreprises ne manipulant pas l’amiante :

Les entreprises « ordinaires » peuvent rester fortuitement exposer au risque amiante.
En effet, même interdit depuis 1997, ce matériau est loin d’être éradiqué.

L’entreprise risque d’être confrontée, au sein de son contrat Multirisque Professionnelle », à une exclusion, au chapitre Responsabilité Civile, ainsi formulée :

« Les dommages de toute nature, causés par l’amiante, le plomb et le formaldéhyde. »

exclusion difficilement rachetable de manière simple et économique.

L’entreprise qui a une obligation de résultat quant à la sécurité au travail devra veiller aux diagnostics sur son bâti et à la qualité de ses intrants. Le médecin du Travail et le CSE (Comité Social et Economique) seront tenus au courant.

La souscription d’une vraie assurance Responsabilité Environnementale (cf plus haut) peut aussi être un élément de réponse.

Entreprise « ordinaire » et travaux :

Le maître d’ouvrage faisant travailler une entreprise via la sous-section 3 (cf plus bas) doit soumettre un plan de retrait, d’encapsulage :
Activités d’encoffrement, de doublage, de fixation par revêtement, d’imprégnation, en vue de traiter et de conserver, de manière étanche, l’amiante en place et les matériaux amiantés afin de prévenir la dispersion de fibres dans l’air
ou de démolition réglementaire aux organismes de prévention compétents.

Avant les travaux, c’est en effet le maître d’ouvrage qui a l’obligation de fournir aux entreprises les dossiers techniques amiante prévus par les dispositions règlementaires, notamment le décret n°2011-629 du 3 juin 2011.

Ce n’est donc pas sur les seuls professionnels de l’amiante que repose la gestion du risque.

62 Le cas des entreprises confrontées à l’amiante :

La réglementation les groupe en 2 catégories, sous-section 3 et sous-section 4.
A noter que les équipements de protection individuels et collectifs sont définis en sous-section 1 et 2 (selon le taux d’empoussiérage).

Le Ministère du Travail a produit deux logigrammes permettant de mieux se situer entre sous-sections :
https://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/logigramme_amiante_ss3_ss4_immeubles_dgt_040315.pdf
https://travail-emploi.gouv.fr/IMG/pdf/logigramme_amiante_ss3_ss4_equipements_dgt_040315.pdf

621 Sous-section 3, retrait et confinement :

Il s’agit donc pour l’essentiel des entreprises de désamiantage. Leurs employés, soumis quotidiennement au risque-amiante, bénéficient de formation et procédures renforcées.

Les entreprises doivent obtenir des certificats de qualification pour le retrait et le confinement de l’amiante friable et non friable.

Friable/Non friable ?

Depuis le 1er janvier 2014, la certification Qualibat 1552 "Traitement de l'amiante" remplace les précédentes :
la certification Qualibat 1512 (amiante non friable)
la certification Qualibat 1513 (amiante friable).

Cette même norme concerne l’ensemble des activités de retrait et d’encapsulage des matériaux contenant de l’amiante (décret n° 2012-639 du 4 mai 2012).

Les entreprises certifiées 1512 et 1513 ont été reclassées et de nouvelles se sont ajoutées à la certification 1552. Qualibat regroupe 350 entreprises certifiées « Traitement de l’amiante », soit 5 000 professionnels autorisés, dont 350 encadrants techniques.

622 Sous-section 4, maintenance, réparation, entretien :

Il s’agit de toutes les entreprises du 2nd œuvre du bâtiment, exposées occasionnellement :

Electriciens, couvreurs, thermiciens, peintres, bureaux d’étude,..

Le caractère occasionnel rend l’appréhension du risque et de l’assurance nécessaire plus difficile pour ces entreprises.

A noter que des entreprise d’inertage de l’amiante peuvent très bien se retrouver.. en sous-section 4.

Il ne faut pas oublier les professions connexes :
Auditeur amiante
Repérage amiante avant travaux et démolitions
Formateur
Laboratoire
Diagnostic
Assistance à Maîtrise d’Ouvrage (AMO)

En sous-section 3 ou 4, l’entreprise devra nécessairement s’équiper en :

Responsabilité Civile (Exploitation et Professionnelle)
La certification Qualibat 1512 prévoir d’ailleurs un contrôle de la possession de cette assurance.
L’audit siège de pré-certification a en effet pour objectif de vérifier le respect des critères organisationnels et techniques définis dans le chapitre 5 de la norme NF X 46-010, et notamment les assurances
Responsabilité Environnementale (cf plus haut)
Eventuellement en assurance Décennale (RCD), notamment pour l’encapsulage
Idéalement en Responsabilité Civile des Mandataires Sociaux

Une réflexion ultérieure portera sur les montants de garantie recherchés.

Les assureurs actifs dans le domaine sont peu nombreux.
Les limitations peuvent aussi provenir des clauses des traités de réassurance.
Le marché de Londres (Lloyd’s) peut se révéler d’un grand secours.

Emmanuel Blachez
Les Assurances du Ponant
Juin 2021


Bibliographie :

Magazines :

Dimension Amiante www.dimensionamiante.fr

Exigence Amiante www.syrta.net/publications-exigence.php

Ouvrages :

Guide technique de l'amiante dans les bâtiments : Du dossier technique amiante aux travaux de retrait, François Brassens, Ed Le Moniteur, 2014, 240p

Le Désamiantage des bâtiments, Philippe Courrèges, Ed Le Moniteur, 1997, 300p

Organisations :

Parlement Européen www.europarl.europa.eu/doceo/document/EMPL-PR-689800_FR.pdf

Commission Européenne :

www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=&ved=2ahUKEwi36Pv2zunwAhUIExQKHWTUAPYQFjAIegQIGBAD&url=https%3A%2F%2Fec.europa.eu%2Fsocial%2FBlobServlet%3FdocId%3D23279%26langId%3Dfr&usg=AOvVaw2_AyGOBWrD-55iNmhs1SPY

INRS (Institut national de recherche et de sécurité)

https://www.inrs.fr/risques/amiante/publications-liens-utiles.html

Syrta (Syndicat du retrait et du traitement de l’amiante et des autres polluants)

www.syrta.net

Anses (Agence Nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail)

www.anses.fr

Ministère de la transition écologique

www.ecologie.gouv.fr/lutte-contre-lamiante

Fédération Nationale des Travaux Publics
www.fntp.fr/infodoc/sante-securite/prevention/amiante-sous-section-3-modalites-de-controle-des-materiels

Fédération Française du Bâtiment (FFB)

www.amiante.ffbatiment.fr/amiante/vous-informer/actualite.html

Fédération Française d’Assurances (FFA)

www.ffa-assurance.fr/infos-assures/la-responsabilite-environnementale-et-assurance-des-entreprises

Syndicat des Entreprises de déconstruction, dépollution et recyclage
https://www.seddre.fr

Sites :

Desamiantage.org www.desamiantage.org

La protection juridique, comment ça marche?La protection juridique (PJ) constitue un complément indispensable au contrat...
26/05/2021

La protection juridique, comment ça marche?

La protection juridique (PJ) constitue un complément indispensable au contrat d’assurances Responsabilité Civile (RC). En effet, le contrat d’assurance RC n’est mobilisable qu’en cas de mise en cause pécuniaire (c’est-à-dire d’une réclamation assortie d’une demande financière). Pour toutes les réclamations « non chiffrées », l’entreprise sera livrée à elle-même.

LA PJ est traditionnellement scindée en 2 types de prestations :
-des prestations d’information, de soutien :
-modèles de documents
-analyse de contrats
-recherche de subventions
-des prestations à caractère judiciaire, selon un barème :
-réponse juridique à un contradicteur
-constitution de dossier
-saisie d’un avocat

Détails à retrouver sur
http://assurancesduponant.fr/index.php/2021/05/26/la-protection-juridique/

"Le patron est mort, mais l'entreprise va bien... et est tout à fait capable de continuer à rembourser l'emprunt"...L’as...
16/02/2021

"Le patron est mort, mais l'entreprise va bien... et est tout à fait capable de continuer à rembourser l'emprunt"...

L’assurance-emprunteur présente un inconvénient : Il arrive que l’entreprise se révèle toujours capable de rembourser... Dans ce cas, l’assureur verse l’indemnité à la banque, qui clôture le prêt. Dès lors, le résultat est augmenté du capital restant dû ce qui entraîne une hausse de l’IS. Par ailleurs, l’effacement de la dette induit une hausse de l’actif successoral, et donc des droits de successions.

L’arrêt Musel a défini les conditions d’une optimisation :1 Le chef d’entreprise est le souscripteur. 2 le contrat doit comporter une garantie décès.3 le contrat d’assurance est réglé par l’entreprise. 4 le contrat d’assurance a la même durée que le prêt. 5 le chef d’entreprise souscrit une caution personnelle

Le « compte séquestre » constitue une voie d’optimisation où l’assureur verse l’indemnité chez un tiers séquestre, notaire ou avocat, qui ne débloquera la somme que si l’entreprise se trouve incapable de respecter ses mensualités. Ainsi, il n’y a d’augmentation ni de l’IS, ni des droits de succession.

La « convention de gage-espèces » est une solution plus légère : Les montants sont versés à la banque, sur un compte gagé. La banque prélèvera sur ce compte les échéances si défaillance.

Ces deux solutions demandent un peu de collaboration de la part de la banque et de l'assureur... et un peu de soutien du courtier.

En cette période d'immobilisation prolongée des véhicules, quelques conseils (issu d'Europ Assistance) à suivre en respe...
21/04/2020

En cette période d'immobilisation prolongée des véhicules, quelques conseils (issu d'Europ Assistance) à suivre en respectant les règles de confinement
1. Entretenez votre batterie
Démarrez votre véhicule une fois par semaine pendant 15 minutes pour éviter le déchargement de la batterie.
Assurez-vous d’effectuer cette manipulation à l'extérieur ou dans un environnement bien ventilé.
2. Gonflez vos pneus
Surveillez la pression de vos pneus afin de vous assurer qu’ils ne sont pas dégonflés. Si le véhicule est en arrêt prolongé, surgonflez légèrement vos pneus car ils perdront en pression avec le temps.
3. Ayez de l’essence
Assurez-vous que votre voiture dispose d’un demi-réservoir d’essence. En effet, à vide, des particules et des poussières peuvent se déposer et détériorer le réservoir ou encrasser votre moteur au démarrage.
Equipez-vous de gants en plastique avant de faire le plein d'essence.
Et pour les voitures électriques ?

Pour les véhicules électriques, nous vous rappelons qu'il est important d'effectuer des cycles de charge réguliers, en se référant au livret d'utilisation et d'entretien du véhicule. En effet, un niveau de batterie trop faible sur une trop longue durée peut endommager la batterie. Par ailleurs, chaque modèle de véhicule étant différent, nous vous recommandons de vous référer au manuel constructeur pour toute information spécifique à votre véhicule.

Vroum,vroum!

La crise du coronavirus nous rappelle l’importance du Document Unique : Puis-je faire venir travailler mes salariés ? Si...
24/03/2020

La crise du coronavirus nous rappelle l’importance du Document Unique : Puis-je faire venir travailler mes salariés ? Si oui, dans quelles conditions de sécurité ?

En tant qu'employeur, la loi vous impose d'évaluer les risques qui existent dans votre entreprise en matière de santé et de sécurité des salariés.

Le DUER est une obligation légale. Il est prévu par l’article R4121-1 du code du travail. En tant qu’employeur, vous êtes responsable de ce document, même si vous pouvez en déléguer la réalisation pratique à un tiers.

Pour cela, vous devez établir et tenir à jour un document unique d'évaluation des risques professionnels (DUER).

Le document unique d'évaluation des risques professionnels (DUER) :

-présente les résultats de l’évaluation des risques pour la santé et la sécurité des salariés de votre entreprise ;
-comprend un inventaire des risques identifiés dans chaque unité de travail de votre établissement ;
-représente le point de départ de la démarche de prévention de votre entreprise, puisqu’il vous sert de base pour définir un plan d’action.

Aucun formalisme l’existe pour le DUER ! Un simple tableau Excel avec des onglets peut suffire. L’essentiel est :
-qu’il existe
-qu’il soit un tant soit peu adapté à la situation concrète de votre entreprise
-qu’il soit remis à jour de temps en temps
Une entreprise avec un simple bureau de 30 m2 et 2 employés doit avoir un DUER.

Soulignons que la plupart des contrats d’assurances supposent le respect des règles de sécurité de base, Document Unique mais aussi Permis de Feu (sur lesquels nous reviendrons ultérieurement).

Exemple de DUER à consulter sur : http://assurancesduponant.fr/index.php/actualites/

QUELLE PRISE EN CHARGE DU CORONAVIRUS PAR LES COMPAGNIES D’ASSURANCES ?  La FFA (Fédération française d’assurance) et ce...
17/03/2020

QUELLE PRISE EN CHARGE DU CORONAVIRUS PAR LES COMPAGNIES D’ASSURANCES ?

La FFA (Fédération française d’assurance) et certaines compagnies ont commencé à indiquer leur politique de prise en charge. Comme on le verra, c’est assez maigre.

1°) Contrats Protection Familiale :

Les garanties des contrats sont-elles susceptibles d’être mises en jeu du fait du coronavirus ?

Non, car les suites et les conséquences de maladie sont exclues.

2°) Contrats Santé-Rapatriement :

Puis-je rapatrier un de mes proches coincé à l’étranger par la situation ?

La plupart de ces contrats prévoient le rapatriement :
-en cas de maladie ou d’accident
-en cas de catastrophe naturelle
-en cas de décès d’un membre de la famille resté en métropole

Ainsi, tant que l’assuré n’est pas formellement atteint par le virus, il n’est pas éligible au rapatriement.

3°) Santé :

Mes dépenses de santé liées au coronavirus sont-elles prises en charge ?

Les contrats complémentaires santé prennent en charge les dépenses de santé engagées par les assurés infectés par le COVID-19, à hauteur des garanties souscrites, dans les mêmes conditions que la grippe saisonnière. Il s’agit principalement des dépenses en lien avec :

- la consultation de médecins ;
- les frais liés à une hospitalisation ;
- les dépenses de médicaments.

4°) Prévoyance :

Quelle est ma prise en charge en cas d’arrêt ou de confinement ?

Pour les personnes porteuses du virus et présentant les symptômes de la maladie (salariés et travailleurs indépendants) :

Les mêmes dispositions que pour la grippe s’appliquent s’agissant de la garantie décès des contrats de prévoyance.
En cas d’incapacité de travail (justifié par un arrêt de travail du médecin traitant ou du médecin urgentiste), les garanties-prévoyance seront activées selon le contrat, c’est-à-dire à hauteur du niveau d’indemnisation et après la période de franchise prévue au contrat.

Pour les personnes en confinement :

S’agissant des personnes en situation de confinement (c'est-à-dire qui font l’objet de mesure d’isolement, d’éviction ou de maintien à domicile, qui se trouvent dans l’impossibilité de travailler ou télé-travailler et pour lesquelles aucune autre solution n’a été trouvée avec l’employeur), des mesures dérogatoires ont été prises par les pouvoirs publics.

5°) Contrats Dommages aux Biens :

Les garanties des contrats sont-elles susceptibles d’être mises en jeu dans le cadre de l’épidémie?

Dans les Conditions Générales des Multirisques Professionnelles, il n’y a en général pas de garantie de base mobilisable au titre d’une éventuelle perte d’exploitation subie par les assurés du fait de la carence de leurs fournisseurs/clients ou en cas de fermeture administrative de l’établissement de l’assuré du fait d’une épidémie.

Toutefois :
• Des extensions de la garantie Perte d’Exploitation suite à carence des fournisseurs/clients peuvent être souscrites, mais la garantie ne serait pas mobilisable dans le cas du coronavirus, car la plupart prévoient que la carence des fournisseurs/clients doit être consécutive à l’un des évènements garantis au chapitre Perte d’Exploitation des Conditions Générales (parmi lesquels ne figurent pas les épidémies).

• Quelques contrats seulement prévoient une indemnisation en perte d’exploitation « sans dommage matériel » (à supposer cependant qui l’épidémie soit considérée comme ne causant pas de dommage matériel à l’entreprise).

Parmi ces contrats, seuls 40 % garantissent les pertes liées à une épidémie. Certaines maladies peuvent être cependant exclues (les assureurs ayant souvent ajouté des clauses depuis l’épidémie de SRAS en 2002, clauses qui peuvent parfois s’interpréter comme s’appliquant au coronavirus).

• Les garanties Perte d’Exploitation pour carence de fournisseur/client sont en général assez limitées en montant.

• Des extensions de garantie en Perte d’Exploitation suite à fermeture administrative, notamment dans le cadre d’une maladie contagieuse ou d’une épidémie peuvent être prévues par des clauses spécifiques.

Cependant, ces clauses excluent généralement les cas de fermeture collective d’établissements (dans une même région ou sur le plan national).
Par conséquent, dans le cadre de l’épidémie de coronavirus, ces garanties de Perte d’Exploitation suite à fermeture administrative ne pourront être mobilisées.

• Certains contrats citent l’impossibilité d’accès » comme facteur de déclenchement de la garantie.

La fermeture à titre préventif d’un commerce ou la mise en quarantaine de villes ne rentrent pas dans ce cas de figure.

6°) Contrats Facultés / Marchandises Transportées :

Quels dont les frais couverts dans le cadre du contrat faculté/marchandises transportées ?

• Frais exposés en vue de préserver les marchandises d’un dommage suite à l’interruption du voyage assuré : Ces frais sont couverts, mais si le stockage se prolonge au-delà de la durée normale du voyage, l’assuré doit en informer la compagnie via son courtier afin que soit prorogée la durée de la garantie avec ou sans surprimes.
• Destruction suite à désinfection par les autorités et avarie des marchandises suite à stockage prolongé en quarantaine : les marchandises ayant été endommagées en cours de transport, la garantie « Facultés – tous risques » est mobilisable.

7°) Assurance Annulation d’évènements :

Les garanties des contrats sont-elles susceptibles d’être mises en jeu dans le cadre de l’épidémie liée au coronavirus ?

Ces contrats couvrent le remboursement des frais engagés non récupérables par l’assuré, en cas d’annulation de l’évènement garanti.
Les contrats prévoient une exclusion relative à l’annulation d’évènement consécutive à une épidémie.
De plus, depuis début février une exclusion spécifique des conséquences du coronavirus est stipulée dans de nombreux offres/projets.


8°) Contrats Responsabilité Civile :

La garantie responsabilité civile peut-elle être mise en jeu lorsqu’une entreprise est mise en cause en cas de re**rd de livraison ?

• Le contrat Responsabilité civile « Professionnels du transport »

Ce contrat couvre les conséquences pécuniaires de la responsabilité civile contractuelle de l’entreprise vis-à-vis des clients résultant du re**rd de livraison, mais les contrats types « Transport » limitent toute réclamation au prix du transport.

• Le contrat Multirisque Professionnelle et Prestataires de Service

Ils ne prennent pas en charge les dommages résultant de re**rd de livraison.

• Les contrats Responsabilité Civile des entreprises, Multirisque Entreprise

Le re**rd de livraison est exclu, sauf en cas d’accident.
La garantie n’est donc pas applicable dans le cas d’une épidémie.

9°) Faute inexcusable :

Puis-je être mis en cause si un de mes salariés contracte la maladie sur le lieu de travail ?

Si un salarié contracte le virus par contamination dans l’entreprise, la faute inexcusable de l’employeur pourrait être retenue. C’est pourquoi, en tant que chef d’entreprise, vous devez mettre en place les mesures de prévention nécessaires pour protéger la santé de vos salariés.

10°) Paiement des primes :

Puis-je demander des délais en cas de mise en demeure ?

Ces demandes sont à adresser au courtier, qui tentera d’obtenir des reports de la part de la compagnie.

Le locataire, son bail et les assurancesIntroductionVous vous apprêtez à signer un bail commercial. Quels sont les point...
16/03/2020

Le locataire, son bail et les assurances

Introduction

Vous vous apprêtez à signer un bail commercial. Quels sont les points d’attention en termes d’assurances ?

Les locataires n’ont pas toujours conscience qu’ils sont présumés responsables si par exemple ils occasionnent un incendie !

C’est ce qu’on appelle les « risques locatifs ».

Ajoutons à cela « le recours de voisins et des tiers », soit la réparation des dommages causés au voisinage (ex Lubrizol).

A ELEMENTS ESSENTIELS :

Si aucune clause particulière n’est présente, ou si elles sont peu claires, demandez à votre assureur de vous garantir en Risques Locatifs

Si vous bénéficiez d’une renonciation à recours réciproque bien rédigée, vous pouvez vous dispenser des Risques Locatifs :

D’un commun accord, bailleur et preneur peuvent décider de renoncer à rechercher leur responsabilité réciproque.

On parle alors d’une « Renonciation à Recours Réciproque » (RAR).

Pour être valide, cette renonciation :
-doit être réciproque (très souvent, elle n’est exigée que du preneur)
-doit de préférence viser TOUS les recours (tous les cas de figures »)
-inclure les assureurs (sinon, ceux-ci peuvent d’eux-mêmes se saisir pour exercer un recours)

Bien entendu, ces clauses de RAR engagent l’assureur : si elles sont nouvellement conclues, elles doivent lui être communiquées.

B CAS PARTICULIERS

1 En cas de pluralité de locataires :

Si jvous n’occupez qu’une « section » d’un local commercial :
-assurez votre local en Risques Locatifs Ordinaires » (RLO)
-assurez les surfaces adjacentes en Risques Locatifs Supplémentaires (RLS)
En clair, préoccupez-vous de ce qui se trouve autour de vous…

Si le locataire adjacent n’est pas sous la même toiture, vous pouvez vous abstenir.
Si nos deux sections sont sous la même toiture, assurez les surfaces adjacentes en RLS.

2 En cas de sous-location :

L’Art 1735 nous dit que « le preneur est tenu des dégradations… de ses sous-locataire ».

En conséquence :

-Assurez-vous que votre bail comporte l’autorisation de sous-louer
-Exigez de vos sous-locataires qu’ils s’assurent

Il y a existence de 2 contrats, et il convient d’examiner la compatibilité de ces 2 contrats.

3 En cas de crédit-bail:

Ici aussi, il y a 2 contrats :
-le contrat de leasing, entre le crédit-bailleur et le crédit-preneur
-le bail classique (entre le crédit-preneur et un locataire)

En cas d’incendie :
-le crédit-bailleur peut avoir accepté de renoncer à recours (voir ce point infra) contre le crédit-preneur
-ce dernier peut lui-aussi avoir choisi d’exonérer le locataire des risques locatifs
-par contre, rien n’interdit au crédit-bailleur de s’attaquer directement au locataire ! Ils sont tiers entre eux..

Ainsi, une lecture attentive des 2 contrats pourrait malgré tout nous conduire à laisser passer une faille importante dans la sécurité juridique du locataire.

4 L’assurance pour compte :

Dans le cas où par exemple bailleur et preneur sont proches (ou même confondus), on pourra vouloir souscrire une assurance « pour compte ».

L’assurance pour compte est une assurance au profit du souscripteur mais également au profit d’une autre personne morale (ex : Le bailleur se charge de l’assurance du locataire, ou inversement).

Cette solution apparemment séduisante est dangereuse :

-en cas de suspension du contrat, l’autre bénéficiaire n’est plus assuré (et n’en n’est pas informé)
-en cas de vente d’une des parties, on se retrouve dans un imbroglio

6 Conclusion :

Le locataire est présumé responsable de la reconstruction de l’immeuble en cas d’incendie (risques locatifs).
Une lecture attentive des clauses de responsabilité du bail est indispensable.
Consultez votre courtier, à même de vous conseiller.

Adresse

75 Boulevard Haussmann
Paris
75008

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