24/07/2022
CHRONIQUE D’UN DESASTRE IMMOBILIER ANNONCE
Depuis Mai, le marché immobilier français a pris un bien mauvais tournant, et ce pour des raisons qui défient l’entendement. Il y a d’abord ce fameux taux d’usure, une règle censée protéger les emprunteurs et qui s’est désormais retournée contre eux ! Il y a ensuite l’entêtement des autorités gouvernementales ou prudentielles qui refusent d’entendre la plainte des associations de consommateurs, des courtiers ou des banques elles-mêmes. Enfin il y a l’incompréhension des emprunteurs à qui il est impossible d’expliquer les refus de prêts pour raisons commerciales ou d’usure … à 2,60% !!! Tout cela quand l’inflation atteint près de 6% et quand le taux d’usure des prêts à la consommation est quant à lui – et cette fois avec raison – à près de … 21% !!!
Pour quelle motif va-t-il falloir attendre que non seulement des centaines de milliers d’emprunteurs ne puissent réaliser leurs rêves malgré le caractère financier raisonnable de leur endettement, mais aussi voir des centaines de courtiers, agents immobiliers, notaires, diagnostiqueurs, artisans du BTP être proches de la cessation d’activité ou de paiements. Pourquoi un tel gâchis financier, économique et social alors que rien ne le justifie ?
C’est pour cette raison que je prends la plume aujourd’hui, constatant cette chronique d’une catastrophe annoncée et répondant à l’appel de ces dizaines de clients que je décline chaque jour mais aussi de tous nos partenaires bancaires et autres qui ne comprennent pas. Il suffirait pourtant d’une décision immédiate et ne coutant rien à personne pour éviter ce désastre : remonter le taux d’usure à un niveau cohérent avec les taux et l’inflation actuelle ; et permettre aux banques de continuer de faire leur travail avec le même sérieux et la même rigueur observés lors de période de resserrement de crédit. En 2008/2009, alors que le système bancaire menaça de s’effondrer, des solutions furent trouvées afin d’éviter un effondrement du marché et des faillites en cascade. Alors pourquoi serait-ce différent cette fois ci ?
Si rien n’est fait, que doivent faire les très nombreuses TPE, PME et indépendants du secteur ? Arrêter de payer leurs charges fixes, leur URSSAF, RSI etc comme pendant le confinement ? Si tel est le cas, il va falloir le prévoir et le communiquer très rapidement … Mais si tel n’est pas le cas, comment assurer sa survie si le marché immobilier est à l’arrêt pour des mois et des mois ?
Il y a urgence, et c’est l’objet de cette bouteille à la mer. En espérant que Bruno Le Maire et François Villeroy de Galhau en prendront connaissance rapidement …
Claudine Annunziata-Wautier