11/06/2026
𝘾𝙝𝙧𝙞𝙨𝙩𝙤𝙥𝙝𝙚 𝙂𝙡𝙚𝙞𝙯𝙚𝙨 𝙚𝙩 𝘾𝙝𝙚𝙧𝙞𝙛 𝙈𝙚𝙡𝙡𝙖𝙡 : 𝙦𝙪𝙖𝙣𝙙 𝙡’𝙞𝙣𝙟𝙪𝙨𝙩𝙞𝙘𝙚 𝙚𝙨𝙩 𝙡𝙖 𝙢ê𝙢𝙚, 𝙢𝙖𝙞𝙨 𝙦𝙪𝙚 𝙡’é𝙘𝙝𝙤 𝙢é𝙙𝙞𝙖𝙩𝙞𝙦𝙪𝙚 𝙙𝙞𝙛𝙛è𝙧𝙚
À la veille d’une grande compétition mondiale de football, la prise de parole du président de la FIFA, Gianni Infantino, concernant la situation du journaliste sportif Christophe Gleizes, met en lumière une réalité que de nombreuses organisations de défense des droits humains dénoncent depuis des années : la restriction de la liberté d’expression et la criminalisation du travail journalistique en Algérie.
Le journaliste Christophe Gleizes a été incarcéré en Algérie dans le cadre d’une affaire officiellement liée à des accusations d’« apologie du terrorisme ». Ses soutiens et plusieurs voix issues du milieu des droits humains affirment toutefois qu’il s’agit avant tout d’un journaliste sportif ayant mené une enquête de terrain en Kabylie, notamment autour de la JS Kabylie, et de certaines zones d’ombre liées à des événements tragiques du football algérien. Pour ses défenseurs, cette incarcération s’inscrit dans un climat où le journalisme d’investigation est de plus en plus exposé à des poursuites judiciaires lourdes.
Dans ce contexte, plusieurs ONG et observateurs internationaux dénoncent ce qu’ils considèrent comme une atteinte grave à la liberté de la presse et au droit d’informer, estimant que l’Algérie est régulièrement pointée du doigt pour des pratiques restrictives à l’égard des voix critiques et des journalistes indépendants.
La prise de position publique du président de la FIFA, évoquant le cas de Christophe Gleizes, est perçue comme un signal rare venant d’une instance sportive mondiale, habituellement prudente sur les questions politiques et judiciaires. Elle contribue à donner une visibilité internationale à une affaire que ses soutiens jugent révélatrice d’un problème structurel plus large.
La Ligue kabyle des droits de l’homme salue par ailleurs cette initiative du président de la FIFA.
Dans le même temps, une autre situation reste largement en marge de l’attention médiatique internationale : celle de Cherif Mellal, ancien président de la JSK, également incarcéré en Algérie. Ses soutiens dénoncent une détention qu’ils qualifient d’injustifiée et regrettent le faible écho médiatique autour de son cas, comparé à d’autres affaires similaires ayant bénéficié d’une résonance internationale plus importante.
Ce contraste interroge : pourquoi certaines situations deviennent-elles des sujets de débat mondial, tandis que d’autres restent confinées à un silence relatif ? Et surtout, pourquoi les alertes répétées d’organisations de défense des droits humains sur la situation de la liberté d’expression en Algérie peinent-elles à produire une mobilisation constante et équitable ?
La Ligue Kabyle des Droits de l’Homme rappelle que, selon de nombreux rapports d’organisations internationales, les libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et de la presse, sont régulièrement considérées comme fragilisées en Algérie, et appelle à une attention égale portée à tous les cas de détenus qu’elle considère comme relevant de l’opinion ou du travail journalistique.
Au-delà des personnes concernées, c’est la question centrale du droit d’informer sans crainte de représailles qui est posée. Une démocratie ne se mesure pas seulement à ses institutions, mais aussi à la place qu’elle accorde à la critique et à la liberté de la presse.
La justice ne peut être sélective. Et la liberté d’expression ne peut être à géométrie variable.
Exil, le 11 juin 2026
Ligue Kabyle des Droits de l’Homme (LKDH)
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𝐂𝐡𝐫𝐢𝐬𝐭𝐨𝐩𝐡𝐞 𝐆𝐥𝐞𝐢𝐳𝐞𝐬 𝐚𝐧𝐝 𝐂𝐡𝐞𝐫𝐢𝐟 𝐌𝐞𝐥𝐥𝐚𝐥: 𝐰𝐡𝐞𝐧 𝐭𝐡𝐞 𝐢𝐧𝐣𝐮𝐬𝐭𝐢𝐜𝐞 𝐢𝐬 𝐭𝐡𝐞 𝐬𝐚𝐦𝐞, 𝐛𝐮𝐭 𝐭𝐡𝐞 𝐦𝐞𝐝𝐢𝐚 𝐞𝐜𝐡𝐨 𝐝𝐢𝐟𝐟𝐞𝐫𝐬
On the eve of a major international football competition, the public statement by FIFA President Gianni Infantino regarding the situation of sports journalist Christophe Gleizes sheds light on a reality that numerous human rights organizations have been denouncing for years: the restriction of freedom of expression and the criminalization of journalism in Algeria.
Journalist Christophe Gleizes has been detained in Algeria in connection with allegations officially framed as “glorification of terrorism.” However, his supporters and several human rights observers argue that he is a sports journalist who was carrying out investigative reporting in Kabylia, particularly around the football club JS Kabylie, as well as sensitive and unresolved issues linked to past events in Algerian football history. For his defenders, his imprisonment reflects a broader pattern in which investigative journalism is increasingly exposed to severe legal persecution.
In this context, many NGOs and international observers denounce what they describe as serious restrictions on press freedom and freedom of expression in Algeria, arguing that the country maintains a repressive environment where journalists and independent voices face significant legal and political pressure.
The public intervention by the FIFA President, referencing the case of Christophe Gleizes, is seen as a rare signal from a global sporting institution that usually remains cautious on political and judicial matters. It has contributed to bringing international visibility to a case that many consider emblematic of deeper structural issues.
The Kabyle Human Rights League also welcomes this initiative by the FIFA President.
At the same time, another situation remains largely absent from international media attention: that of Cherif Mellal, former president of JSK, who is also currently detained in Algeria. His supporters denounce what they describe as an unjust imprisonment and express concern over the lack of sustained international media coverage compared to other similar cases.
This contrast raises a fundamental question: why do some cases gain global attention and institutional reaction, while others remain in relative silence? And why do repeated warnings from human rights organizations about the state of freedom of expression in Algeria not consistently translate into equal international attention?
The Kabyle Human Rights League stresses that, according to numerous international reports, fundamental freedoms—particularly freedom of expression and press freedom—are widely regarded as being under serious strain in Algeria. It calls for equal attention to all cases it considers to involve opinion-based or journalistic persecution.
Beyond individual cases, what is at stake is the fundamental right to inform without fear of retaliation. A society cannot claim legitimacy if criticism is punished and journalism is treated as a crime.
Justice cannot be selective. And freedom of expression cannot operate under double standards.
Exile, June 11, 2026
Kabyle Human Rights League (LKDH)
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