29/10/2024
Comparaison n’est pas raison et pourtant…
En cette période de discussion de budget au niveau national, je voulais apporter ma pierre à l’édifice en essayant de comparer dans les grandes lignes, le budget d’un foyer français ou d’une petite entreprise, et le budget de l’État. Comparer les similitudes et les différences tout en se rappelant des règles fondamentales d’un budget qui ne devrait jamais être oubliées
Tout d’abord, La gestion d’un budget, qu'elle soit à l'échelle nationale ou d’un foyer ou d’une entreprise, est une pratique fondamentale pour garantir la stabilité financière et la prise de décisions éclairées.
Le budget national de la France et celui d'un foyer français ou d’une entreprise, présentent à la fois des similitudes et des différences notables dans leur approche et leur fonctionnement. Explorons ces points de convergences et de divergences.
Des Similitudes :
Nécessité de planification :
Tant au niveau national qu'individuel, la planification budgétaire est essentielle. Les particuliers, les entreprises et l’état doivent prévoir à minima sur l’année, leurs revenus (recettes), leurs charges (dépenses) mais aussi, évaluer leurs besoins et investissements futurs qui permettront d’atteindre leurs objectifs et les projets prioritaires en fonction de leurs choix et vision du futur.
La Gestion des ressources est limitée :
Que ce soit pour un gouvernement, un ménage ou une entreprise, les ressources financières (recettes) ne sont pas illimitées. Il est crucial de prendre alors des décisions judicieuses sur la manière d'allouer ces ressources pour répondre aux besoins prioritaires et faire fonctionner l’ensemble sans forcément recourir systématiquement à la dette et donc au crédit si le budget est déficitaire (+ de dépenses que de revenus).
Priorisation des dépenses :
Les budgets nationaux et domestiques ou d’entreprises, doivent tous établir des priorités en matière de dépenses. Cela implique de déterminer quels secteurs ou postes de dépenses sont les plus importants et méritent une allocation de fonds plus importante. Faire des choix c’est aussi parfois renoncer et pas forcément saupoudrer….
Gestion des imprévus :
Une nation comme un ménage ou une entreprise peuvent et doivent faire face, parfois, à des situations ou événements imprévus, soudains et impactants. Il faut alors prévoir d’y faire face et avoir un fonds de précaution.
Plus on anticipe les risques potentiels financiers, mieux on peut se prémunir. Or l’état vivant déjà à « découvert » (déficit), c’est forcément de la nouvelle dette qui viendra combler ces aléas supplémentaires. Pour un ménage et une entreprise il est conseillé en priorité d’avoir de l’épargne de précaution (du fonds de roulement pour une entreprise) pour y faire face plutôt que s’endetter
Garant de la solvabilité :
Un ménage ou une entreprise restent solvables et pas en « faillite » tant que leurs actifs permettent de couvrir leurs passifs (les dettes). Le patrimoine (actif) d’un ménage ou d’une entreprise (machines, stocks, créances clients…) concoure à prévenir un risque de défaillance.
Et la France a-t-elle du patrimoine aussi ? bien sûr, la France possède des actifs (participations dans des entreprises, détention d’obligations..), elle possède aussi un stock d’or en grande quantité, du patrimoine immobilier (bâtiments publics, terrains, forêts, monuments,…) tout comme un particulier.
Mais il est nettement moins « mobilisable » car peu ou pas liquide alors que les français ont beaucoup d’épargne « liquide » sur des livrets, assurances vie, avoirs financiers actions…en plus de posséder aussi un patrimoine immobilier
La France pourra difficilement revendre ses actifs immobiliers mais pourrait envisager de se désengager de certaines entreprises non stratégiques, dans lesquelles elle a des participations, pour récupérer des liquidités par exemple.
Mais aussi de grosses différences :
Échelle et complexité :
Le budget national concerne l'ensemble de l'économie d'un pays et englobe une gamme diversifiée de secteurs et d'activités à une échelle représentant les aspirations , les attentes et les revendications de 68 millions de personnes.
En revanche, le budget d'un ménage français est limité à ses propres finances personnelles et aux membres de son foyer, et une entreprise à son domaine d’activité et à une taille plus petite et au périmètre de ses salariés , clients et fournisseurs, ce qui est généralement moins complexe, quoi que…
Enfin l’état à une mission sociale, régalienne où les arbitrages sont plus compliqués et souvent dictés par l’actualité.
Sources de revenus :
Les sources de revenus varient considérablement entre le budget national, celui d'un ménage ou d’une entreprise. Le gouvernement perçoit des recettes fiscales, impôts, taxes, des revenus de propriété, des droits de douane, etc., tandis qu'un foyer dépend principalement des salaires et primes, rémunérations et dividendes pour les indépendants, mais aussi des revenus fonciers ou de placements et éventuellement des prestations sociales.
Enfin pour les entreprises elles encaissent du Chiffres d’Affaires obtenu par des investissements réalisés et de la production vendue. L’objectif de l’entreprise à la différence de l’État et du ménage, est de dégager un profit c’est-à-dire de réaliser plus de Chiffres d’affaires que de charges dépensées pour avoir un bénéfice et une rentabilité attendue par ceux qui sont propriétaires de l’entreprise.
Objectifs et obligations :
Les objectifs d'un budget national sont souvent axés sur la croissance économique, le bien-être social des individus et la stabilité financière du pays.
Les obligations d'un ménage, quant à elles, incluent en priorité, la satisfaction des besoins de base, la constitution d'épargne pour l'avenir et la réalisation de projets personnels.
L’entreprise, elle, recherche le développement et la croissance en répondant aux besoins des humains, mais aussi à récompenser les « propriétaires » (actionnaires) par le versement de revenus rétribuant leur risque.
En Conclusion :
Bien qu'il existe des similitudes conceptuelles dans la gestion du budget national et domestique, il est important de reconnaître que ce sont des entités bien distinctes avec des contextes, des échelles et des missions très différentes.
Le budget national est influencé par des facteurs macroéconomiques et des politiques gouvernementales, tandis que le budget d'un ménage est plus directement lié aux besoins et aux préférences individuels.
Quant à l’entreprise, sa stratégie est guidée par le marché et sa capacité à pouvoir répondre au mieux à la demande pour en retirer une rémunération et une croissance de son activité
Cependant, malgré ces différences, une compréhension solide de la gestion budgétaire peut être bénéfique à tous les niveaux. Les principes d'une planification, d'un contrôle des dépenses, du respect de budgets définis, et de mesure de l’efficacité des dépenses engagées, sont impératifs pour tenir le cap et rester crédible aux yeux des tiers.
Ces règles de fonctionnement et de bonne gestion sont universelles et peuvent être appliquées aussi bien à l'échelle nationale que d’un foyer et de la même façon, au sein d’une entreprise, pour garantir une santé financière durable et pérenne.
-quand on est à découvert ou en déficit, on essaie de les réduire en diminuant ses charges avant de s’endetter de nouveau pour le résorber
-on définit un budget et on s’y tient même si certains arbitrages peuvent être nécessaires
-on ne dépense pas plus que l’on a sur ses comptes, et si on le fait c’est uniquement pour investir de manière planifiée (prise de risque)
-on fait des choix et des priorités dans les dépenses
-on contrôle les dépenses et leur impact tout au long d’une année budgétaire
-on anticipe les coûts prévisionnels de certains aléas et on les provisionne (épargne)
-on ne recourt pas systématiquement à la dette par facilité, confort ou réflexe
-on diminue certains coûts fixes en payant le juste prix
-on chasse les coûts cachés et les "rentes" de situation