14/09/2026
4,90€, pour une tomate et deux oignons.
C'est ce que j'ai payé hier chez un primeur à Nantes.
Oui, vous avez bien lu : l'inflation sur les produits frais est bien réelle, pas juste un ressenti.
Maintenant, avant que certains n'y voient la preuve que "les commerçants et les agriculteurs se gavent" : non. Ni le primeur qui me l'a vendue, ni l'agriculteur qui l'a fait pousser ne s'en mettent plein les poches. Entre les charges sociales, les impôts, la TVA, les normes et obligations réglementaires, les frais administratifs et le prix du carburant — pour cultiver, récolter, livrer, aller chercher sa marchandise — la marge réelle sur ma tomate tient probablement sur un ticket Naolib, à chaque étape de la chaîne.
Et c'est là que ça devient intéressant.
D'un côté, un consommateur qui trouve ça cher — à raison.
De l'autre, des professionnels qui galèrent — à raison aussi.
Cherchez l'erreur.
Le prix qu'on paie et ce qui reste réellement à celui qui produit ou qui vend : ce sont deux choses de plus en plus déconnectées. Et ce n'est ni la faute de l'agriculteur, ni celle du primeur, ni celle du consommateur.
Je retrouve ce même grand écart dans l'immobilier neuf, où le prix de vente ne correspond plus aux capacités financières des acquéreurs. Dans l'ancien, à l'inverse, où le marché s'ajuste en continu entre les attentes des vendeurs et celles des acquéreurs.
Vous la voyez où, vous, la fuite dans ce système ?