29/01/2025
Ne Pas Oublier Que La Haine Peut Rapidement Conduire à L’Inhumanité …
“Aujourd’hui, j’aurais dû avoir quatre-vingt-quatorze ans”
Si la vie avait été clémente,
J’aurais eu une grande fête d’anniversaire aujourd’hui,
Avec un gâteau, des rires et de l’amour tout autour.
Deux merveilleux fils, une douce fille aussi,
Des petits-enfants à embrasser et chérir.
J’aurais rencontré un homme grand et beau,
Il aurait travaillé en ville.
Nous aurions vécu à la campagne,
Avec deux chiens, un chat et du bonheur dans notre maison.
Margot, ma chère sœur,
Aurait vécu tout près,
Peut-être mère elle aussi,
Tandis que nos parents auraient rayonné de fierté.
Nous aurions levé nos verres à la vie, à la santé, à l’amour.
Mais à la place, nous dormions sur des lits de bois dur,
Tremblant de faim et de froid.
Nous étions punis pour des raisons que nous ne pouvions contrôler,
Et il n’y avait pas de jouets, seulement de la douleur.
Ma mère, se privant pour nous nourrir,
S’affaiblissait jour après jour.
Le camp était plein de maladies,
Et les rats vivaient où nous étions.
Je rêvais de repas que je ne goûterais jamais—
Des pommes de terre, du pain, peut-être de la viande.
J’imaginais les accompagner de vin,
Et d’une douceur, quelque chose de sucré.
Ma meilleure amie était dans un autre camp,
Son rire, un souvenir qui me portait.
Au moins, j’avais Margot à mes côtés,
La solitude était la pire des souffrances.
Puis vint le typhus, et nous sommes tombées malades.
Les médecins ne sont pas venus, aucune aide n’est arrivée.
Margot est partie la première, puis ce fut mon tour.
Pour nous, la mort fut une délivrance.
J’espère que nos vies n’ont pas été vaines.
J’espère que le monde se souvient—
La haine détruit tout.
Que mon journal soit une leçon.
À la mémoire d’Anne Frank (1929–1945)
Crédit au propriétaire légitime