10/06/2020
Acheter post-covid
Les crises bouleversent les comportements et font évoluer les mentalités. Mais concrètement, en quoi la perception qu’ont les acquéreurs du marché immobilier post-Covid a-t-elle été altérée? Comment voient-ils le « Monde d’Après » ? Une enquête réalisée par SeLoger et son Observatoire du Moral Immobilier (OMI) répond à ces questions en s’appuyant sur la perception de plus de 2500 futurs acheteurs interrogés lors de la première semaine du déconfinement.
« Courant mai, 39% des futurs acquéreurs affirment que c’est le bon moment pour acheter alors que la majorité (46%) ne sait pas vraiment se positionner à ce sujet. Pourtant ils étaient 78% à l’affirmer haut et fort il y a un an. Cette hésitation au sortir du confinement constitue un phénomène naturel compte tenu de l’expérience bouleversante que nous avons tous vécu. Les projets d’achat ont d’ailleurs évolué au sortir du confinement avec une appétence plus marquée pour les petites villes. Les envies d’espaces extérieurs et de maison sont également plus marquées et le vécu du télétravail fait désormais de l’accès internet une priorité pour 53% des futurs acquéreurs. L’acheteur déconfiné se met au vert certes mais souhaite rester connecté « , souligne Séverine Amate, Porte-parole chez SeLoger. »
Un Français sur 4 envisage d’acheter dans une petite ville
Ce n’est décidément pas la taille qui compte ! En effet, il ressort de l’étude conduite par SeLoger et son OMI que 25 % des Français envisagent de devenir propriétaire dans une petite ville, c’est-à-dire de moins de 20 000 habitants. Si 13 % des acquéreurs interrogés avouent même cibler la campagne et que de plus en plus de Français ont des envies de verdure, force est toutefois de constater qu’un exode urbain massif n’est pas d’actualité ni ne devrait l’être. La majorité des nouveaux emplois étant désormais créés en ville, mieux vaut, bien souvent, ne pas trop s’en éloigner…
« Recherche maison désespérement » : 47% recherchent une maison
C’est peu dire que les maisons ont la cote auprès des Français. Lors du confinement, nous avions déjà pu constater chez SeLoger que les requêtes comportant le mot clé « maison » avaient fortement progressé. Au lendemain du déconfinement, l’appétence des acquéreurs pour ce type de biens n’a visiblement pas baissé. D’après l’enquête menée par SeLoger et son OMI, 47 % des futurs acheteurs ont ainsi jeté leur dévolu sur une maison alors que seulement 27 % d’entre eux concentrent leurs recherches sur un appartement. Mais qu’ils achètent une maison ou un appartement, 24 % des Français veilleront à ce que leur logement dispose d’une pièce isolée dans laquelle ils pourront télétravailler sans risquer d’être dérangés.
Les futurs acheteurs ont foi dans leurs projets : 75% ont confiance dans l’aboutissement de leur projet
La reprise est là et la confiance des acquéreurs dans la concrétisation de leur projet, que celui-ci ait été initié avant ou après la crise, l’est aussi ! Jugez plutôt, ce ne sont pas moins de 3 futurs acheteurs sur 4 qui se déclarent confiants quant à l’aboutissement de leur transaction immobilière dans les 6 prochains mois. Ce chiffre fait d’ailleurs écho à la très faible proportion (2 %) de porteurs de projets immobiliers qui, interrogés en avril dernier, avaient dû jeter l’éponge, gagnés par le découragement et l’incertitude.
39% estiment que c’est le bon moment pour acheter
39% estiment que c’est le bon moment pour devenir propriétaire et seulement 15% affirment que ce n’est pas le bon moment ! Près d’1 acheteur sur 2 hésite
49% pensent que les prix immobiliers vont baisser
Suite à la la crise boursière de 2008, les taux des crédits bancaires avaient remonté, entraînant une correction des prix de vente. Pour près de la moitié des acheteurs, les prix des logements (maisons et appartements) devraient baisser dans les six prochains mois. Et alors que 21 % des sondés misent sur une hausse des prix, 30 % penchent plutôt pour une stabilisation…
« Concernant les prix, l’anticipation d’une baisse évoquée par les futurs acquéreurs déconfinés n’est pas une réalité dans les faits à date. Ainsi le dernier baromètre LPI-SeLoger de mai, met en évidence que le prix au mètre carré dans l’immobilier ancien a même enregistré 5,2 % de hausse annuelle, de quoi atteindre 3 571 € du m2« , rappelle Séverine Amate, Porte-parole chez SeLoger.