26/03/2025
Pourquoi Samuel Eto’o dérange-t-il autant ?
Depuis son élection à la tête de la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot) en décembre 2021, Samuel Eto’o est devenu une cible privilégiée de nombreuses attaques. Son indépendance d’esprit, sa popularité inégalée et son engagement en faveur d’un football camerounais plus professionnel en font un acteur incontournable du paysage sportif.
Pourtant, dès son investiture, une campagne de déstabilisation s’est mise en place pour freiner son action et salir son image.
Pourquoi un homme qui s’efforce d’améliorer le football camerounais est-il autant combattu ? La réponse est simple : dans un pays où tout est fait pour que rien ne marche, voir une institution réussir serait une insulte pour ceux qui profitent du chaos.
Un président réformateur face à un système gangrené
Samuel Eto’o n’a pas tardé à mettre en place des réformes audacieuses dès son arrivée. Parmi ses principales actions :
Augmentation des subventions aux clubs : Une bouffée d’oxygène pour les clubs locaux, longtemps laissés pour compte.
Revalorisation des salaires des joueurs : Introduction de salaires fixes pour les joueurs de première division, garantissant un minimum vital à ceux qui font vivre le football camerounais.
Amélioration des infrastructures : Réhabilitation de plusieurs stades et lancement de projets pour moderniser les équipements sportifs.
Lutte contre la corruption et les pratiques opaques : Un chantier immense dans une fédération historiquement gangrenée par le clientélisme.
Ces mesures, pourtant bénéfiques pour le football camerounais, ont rapidement froissé certains intérêts bien ancrés dans le système.
Une opposition organisée pour le faire échouer
Dès son élection, une frange de l’establishment politique et de la vieille garde du football camerounais a vu d’un très mauvais œil son arrivée à la Fecafoot. Les critiques se sont multipliées, souvent sans fondement, mais toujours avec un objectif clair : l’affaiblir politiquement.
1. Campagnes de désinformation et manipulation médiatique
Les médias proches de certains lobbies n’ont cessé d’amplifier la moindre polémique autour d’Eto’o. Le moindre faux pas est monté en épingle, tandis que ses réussites sont systématiquement minimisées ou passées sous silence.
Accusations de gestion opaque : Alors même qu’il s’efforce de clarifier les finances de la Fecafoot, on tente de lui coller une image de mauvais gestionnaire.
Rumeurs de candidature présidentielle : Certains ont propagé l’idée qu’Eto’o aurait des ambitions politiques, cherchant ainsi à le positionner comme un adversaire du régime en place. Il a dû lui-même démentir ces allégations.
Attaques personnelles : Des affaires privées ont été mises en avant pour détourner l’attention de son travail à la tête de la Fecafoot.
2. Pressions politiques et sanctions ciblées
Face à son indépendance et à sa volonté de modernisation, certaines instances ont tenté de le neutraliser de manière plus directe.
Suspension par la FIFA : En septembre 2024, Samuel Eto’o a été suspendu pour six mois, l’empêchant d’assister aux matchs des équipes nationales. Officiellement, il s’agit d’une sanction disciplinaire, mais de nombreux observateurs y voient une tentative orchestrée pour le discréditer.
Blocage des financements : Plusieurs projets lancés par la Fecafoot se heurtent à des obstacles bureaucratiques qui ralentissent leur mise en œuvre.
3. Une volonté de le faire échouer à tout prix
Eto’o est conscient que certains espèrent le voir partir en échec. Ses opposants veulent qu’on se souvienne de lui comme du pire président de la Fecafoot, alors même qu’il est celui qui a initié le plus de réformes depuis des décennies.
Pourquoi ? Parce qu’un Eto’o qui réussit, c’est la preuve qu’avec de la volonté et de la rigueur, on peut redresser une institution en ruine. Or, ce succès mettrait en lumière l’incompétence de nombreux dirigeants dans d’autres secteurs. Si le football, domaine historiquement gangrené par la corruption et le népotisme, peut être assaini, alors pourquoi pas d’autres institutions ?
Le symbole d’un Cameroun qui refuse de sombrer
Samuel Eto’o est aujourd’hui un symbole, malgré lui. Il incarne une nouvelle génération de dirigeants qui veulent rompre avec les pratiques du passé. Son combat dépasse le cadre du football : il montre qu’il est possible d’agir avec transparence et ambition, même dans un environnement hostile.
Mais son succès dérange, car il prouve que le problème du Cameroun n’est pas un manque de moyens, mais un manque de volonté. C’est pourquoi les forces en place feront tout pour l’éliminer du jeu.
La vraie question est donc la suivante : les Camerounais laisseront-ils faire, ou défendront-ils celui qui, malgré les obstacles, essaie de faire avancer leur football ?
Naha Ndinibole Richard Benji infos Peupah Zouzoua