08/24/2026
Les événements de vendredi nous rappellent une réalité fondamentale : les décisions géopolitiques sont imprévisibles.
Il est pratiquement impossible de prévoir avec constance le moment, l’ampleur ou la durée d’une nouvelle mesure tarifaire. En investissement, notre rôle n’est donc pas de miser sur la prochaine annonce politique, mais de nous concentrer sur ce que nous pouvons réellement contrôler : choisir des entreprises solides, bien gérées, financièrement résilientes et capables de s’adapter.
Les nouveaux tarifs américains de 50 % visent une autre catégorie de produits canadiens représentant environ 5 % de nos exportations vers les États-Unis. Les secteurs des produits de plastique, du matériel électrique, du meuble et des produits du bois seront parmi les plus touchés. Le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique sont particulièrement exposés.
Pour les entreprises directement visées, l’impact pourrait être important. Les États-Unis achètent 81 % des exportations canadiennes de ces produits, alors que le Canada ne représente que 3,7 % des importations américaines correspondantes. Les acheteurs américains disposent donc généralement de plus de solutions de remplacement que les exportateurs canadiens.
Pour l’ensemble de l’économie canadienne, le portrait demeure toutefois plus nuancé. Le contenu canadien touché représenterait environ 0,4 % du PIB et des emplois, tandis que plus de 80 % de nos exportations vers les États-Unis continueraient d’entrer sans tarif grâce aux exemptions de l’ACEUM. Ces mesures ne semblent donc pas suffisantes, à elles seules, pour faire dérailler la croissance économique canadienne.
Le principal risque pourrait plutôt venir de l’incertitude. Même les entreprises qui ne sont pas directement touchées hésitent davantage à investir lorsqu’elles ignorent quels secteurs pourraient être ciblés ensuite. Nous ne savons pas non plus combien de temps ces tarifs resteront en vigueur ni quand les négociations reprendront.
Cette nouvelle escalade ne devrait pas, pour le moment, pousser la Banque du Canada à réduire ses taux. Elle pourrait toutefois diminuer la probabilité d’une hausse cette année, surtout si l’inflation sous-jacente continue de ralentir.
La leçon pour les investisseurs demeure la même : nous ne contrôlons ni les tarifs, ni les déclarations politiques, ni les réactions à court terme des marchés. Ce que nous pouvons contrôler, c’est la qualité des entreprises que nous choisissons, leur solidité financière, leur capacité d’adaptation, la diversification de nos portefeuilles et notre discipline lorsque l’incertitude augmente.
Les manchettes changent rapidement. Les entreprises de grande qualité, elles, ont la capacité de traverser plusieurs cycles économiques et politiques.