08/26/2026
|RECONNAISSANCE|
Nous sommes fiers de souligner le parcours inspirant de notre collègue. Sa discipline, sa persévérance et sa recherche de l'excellence l'ont menée jusqu'aux Jeux olympiques et continuent aujourd'hui d'enrichir notre équipe 🙌
Sylvie Fréchette a gagné une médaille olympique qu'elle ne se souvient pas d'avoir gagnée.
À trois ans et demi, elle perd son père.
Elle reporte tout sur son grand-père.
Pour elle, il est next to God.
Le bras droit de Dieu.
Dix-huit ans d'entraînement pour atteindre ses premiers Jeux.
Juste avant Barcelone, son grand-père meurt.
Puis son conjoint met fin à ses jours.
Un samedi.
Le mercredi suivant, elle part pour les Jeux.
Elle performe.
Elle monte sur le podium.
Mais elle n'est pas là.
Son corps a coupé.
Dissociation.
Plus de deux semaines effacées de sa vie.
Encore aujourd'hui, elle se fait raconter ses propres Jeux par les autres athlètes.
Ce qu'elle a mangé.
Où elle a dormi.
Comment c'était.
Un trou.
En 1992.
À l'endroit exact de son plus grand exploit.
Dix-huit ans plus t**d.
Vancouver, 2010.
Le Comité olympique l'appelle pour devenir mentor des athlètes.
Elle ne comprend pas pourquoi elle.
Puis, en plein cœur de ses Jeux, Joannie Rochette perd sa mère.
Et c'est Sylvie qu'on vient chercher.
Cette fois, elle est de l'autre côté.
Pas celle qui dissocie.
Celle qui reste.
Celle qui tient la main.
Elle dira qu'elle n'a pas fait grand-chose.
Qu'elle était juste là.
« Y a rien pour rien, ti fille », répétait son grand-père.
Elle a mis dix-huit ans à comprendre la phrase.
Ce qu'elle avait dû effacer pour survivre en 1992,
c'est précisément ce qui a fait d'elle la bonne présence en 2010.
P.S. Sylvie Fréchette, épisode 29 de Faire une femme de soi.