12/18/2025
Aider les enfants sans compromettre sa retraite
DÉVELOPPEMENT — Établir des limites : une étape essentielle.
Par: Finance et Investissement | 18 Décembre 2025 | 08:14
Jacob Wackerhausen / iStock
Finance et Investissement
Le phénomène des enfants « boomerang — les jeunes adultes revenus au domicile familial ou
dépendants du soutien financier de leurs parents — prend de l’ampleur. Ces jeunes s’appuient de
plus en plus longtemps sur la génération X, celle de leurs parents, âgés dans la quarantaine et la
cinquantaine, pour lesquels cette solidarité peut compromettre une retraite bien planifiée.
Or, cette pression survient à un moment charnière pour les Gen X, qui se sentent déjà en re**rd dans
leur préparation à la retraite, soutient le planificateur financier Preston Cherry dans Advisorpedia.
Les montants en jeu sont considérables et peuvent transformer radicalement une trajectoire
financière. Aux États-Unis, des études montrent que les parents qui soutiennent un enfant adulte
déboursent en moyenne près de 2 000 $ par mois, une somme qui représente souvent l’équivalent
d’une contribution retraite substantielle. En outre, plus de la moitié des parents de la génération X
s’attendent à ce que leurs enfants demeurent financièrement dépendants bien après l’entrée dans
l’âge adulte, selon une enquête de U.S. Bancorp.
Pendant ce temps, l’épargne retraite n’avance pas au même rythme, créant un écart préoccupant. Le
solde médian des comptes de retraite des Gen X oscille entre 55 000 $ et 85 000 $, un coussin
nettement insuffisant quand il reste seulement une dizaine ou une vingtaine d’années avant le
départ prévu. Or, chaque transfert d’argent vers un enfant équivaut directement à un re**rd dans les
cotisations, les placements ou les versements destinés à l’épargne retraite.
Les parents de la génération X se retrouvent souvent pris en sandwich entre des enfants qui font
face à un coût de la vie élevé et des parents vieillissants dont les besoins augmentent. En parallèle,
ils doivent préserver leur propre avenir financier au risque de s’épuiser au niveau émotionnel et
financier, et de sacrifier leur autonomie future.
Sans plan clair, plusieurs d’entre eux risquent de se retrouver à sacrifier leur avenir au nom de la
solidarité familiale.
Pour éviter ce scénario, Preston Cherry propose une démarche structurée de recentrage qui
commence par un principe fort : remettre le client au centre de sa planification financière.
Invitez les clients à prioriser leur propre retraite
Adopter un réflexe « moi d’abord » peut sembler contre-intuitif pour des parents habitués à jouer le
rôle de filet de sécurité. Ce n’est pourtant pas un acte d’égoïsme, mais de responsabilité. Préserver
son indépendance financière aujourd’hui permet d’éviter que les enfants deviennent, demain, les
aidants d’un parent dépourvu d’épargne.
La première étape consiste à mettre cartes sur table. Une discussion honnête et ouverte permet
d’aborder les émotions souvent mêlées à ces décisions : culpabilité, devoir moral, peur de « laisser
tomber » un enfant en difficulté. Clarifier ces aspects facilite ensuite l’analyse des chiffres sans se
laisser guider uniquement par l’affect.
Aider ses clients à dresser un inventaire avant d’agir
Quatre vérifications simples permettent de reprendre le contrôle de la situation, selon Preston
Cherry :
Calculer l’aide réelle fournie. Combien d’argent sort-il chaque mois du budget familial pour
soutenir un enfant adulte ? Inclure tous les postes : loyer, épicerie, frais de transport,
assurances, abonnements divers.
Évaluer sa progression vers la retraite : les cotisations actuelles, les placements accumulés et
le remboursement des dettes sont-ils en phase avec les objectifs de retraite fixés ? Où se
situe-t-on par rapport à la trajectoire idéale ?
Identifier les zones de vulnérabilité financière : où manque-t-il des ressources pour assurer un
avenir stable ? Quels sont les points faibles du plan actuel ?
Combler ses propres besoins en premier : une fois ses fondations renforcées, l’on peut
décider de maintenir, réduire ou rediriger l’aide apportée.
Redéfinir les règles du jeu
Une fois le portrait financier clarifié, fixer des limites s’avère essentiel pour éviter l’essoufflement
financier et émotionnel :
Quel type d’aide le client peut-il offrir sans nuire à sa propre retraite ?
Quelle durée est réaliste pour maintenir le soutien ?
Quelles formes de soutien ne seront plus possibles à l’avenir (par exemple, financer des
dépenses discrétionnaires ou éponger des dettes récurrentes) ?
Il ne s’agit pas de couper les ponts avec les enfants ou de leur tourner le dos, mais d’expliquer
clairement et calmement les enjeux financiers : les parents doivent financer leur propre retraite pour
ne pas devenir un fardeau. Cette stabilité financière constitue aussi une forme de protection pour les
enfants.
Après tout, en donnant à leurs enfants la capacité de se prendre en main et de construire une
sécurité durable, les parents leur offrent une forme de richesse supérieure à l’aide financière
immédiate. Ils leur transmettent des compétences et une indépendance qui les serviront toute leur
vie. Un héritage plus précieux qu’un chèque
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