08/25/2026
L’histoire des tarifs n’est pas celle des marchés
L'effondrement des négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis a, de façon compréhensible, suscité des inquiétudes quant aux perspectives des marchés canadiens. Les tarifs nuiront à certains secteurs, en particulier l'automobile, la fabrication et certains exportateurs, et les effets économiques méritent d'être surveillés. Mais pour les investisseurs, l'impact sur le marché canadien plus large pourrait être beaucoup plus limité que ce que les gros titres laissent entendre.
La raison est la composition du TSX. Les matériaux, l'énergie et les finances représentent environ 70% de l'indice et devraient demeurer les principaux moteurs de rendement au cours de la prochaine année. Une grande partie du secteur des matériaux, en particulier l'or, est largement hors du filet tarifaire actuel. L'énergie est également protégée, tandis que les finances canadiennes ne sont pas exportatrices au sens traditionnel. En d'autres termes, une grande majorité de la TSX a relativement peu d'exposition directe aux tarifs eux-mêmes.
Il existe aussi une distinction importante entre l'économie canadienne et le marché boursier canadien. Les tarifs peuvent peser sur certaines parties de l'économie, mais cela ne se traduit pas nécessairement par des rendements TSX plus faibles.
En fait, le TSX a bien performé cette année, non pas malgré les politiques de Trump, mais en partie grâce à elles. La guerre en Iran a contribué à maintenir les prix du pétrole élevés, soutenant les producteurs d'énergie canadiens, tandis que l'intervention sur le marché du Trésor américain et les préoccupations croissantes concernant la durabilité fiscale et la dévalorisation du dollar ont offert un autre vent favorable à l'or.
Nous ferions une distinction similaire avec le dollar canadien. L'incertitude commerciale est un vent de face évident à court terme, mais les devises tendent finalement à suivre des forces plus importantes. Si les prix du pétrole demeurent stables et que la Banque du Canada suit finalement une voie vers des taux d'intérêt plus élevés plutôt que plus bas, surtout à mesure que les taux canadiens se rapprochent des taux américains, le contexte fondamental pourrait favoriser un dollar canadien plus fort au cours de la prochaine année.
Rien de tout cela ne rend le différend commercial sans importance. Elle créera des gagnants et des perdants et pourrait devenir plus significative économiquement si les tarifs s'élargissent de façon significative. Mais du point de vue de l'investissement, les fondamentaux plus larges comptent toujours plus que le bruit. Les secteurs qui dominent le TSX demeurent bien positionnés, et les mêmes forces qui créent l'incertitude à Washington pourraient continuer à soutenir les actions canadiennes et le dollar canadien.
Comme toujours, nous vous tiendrons informés à mesure que les conditions évolueront.
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Philip Petursson, Stratège en chef des placements
Pierre-Benoît Gauthier, Vice-Président, Stratégie d’investissement
Ashish Utarid, Vice-Président Adjoint, Stratégie d’investissement