05/31/2026
Évènements de la semaine se terminant le 29 mai 2026
Au Canada, les données ont dressé un tableau mitigé mais globalement positif de l’activité intérieure, la vigueur des secteurs de production de biens compensant les défis persistants provenant de l’extérieur. Le PIB du premier trimestre a causé la surprise avec une contraction de 0,1 % en rythme annualisé, contrairement aux attentes d’une croissance de 1,5 %. Avec une croissance nulle en variation trimestrielle, il s’agit donc d’un deuxième recul consécutif et d’une récession technique. Les ventes du secteur manufacturier en avril ont progressé de 4,6 % en rythme mensuel, dépassant les prévisions de 1,4 %, grâce notamment aux produits du pétrole et du charbon. Le commerce de gros s’est accru de 0,1 % après une forte hausse le mois précédent. Le déficit du compte courant s’est quant à lui fortement creusé pour atteindre 7,2 G$ au premier trimestre, reflétant un déficit commercial plus important dans le secteur des biens malgré le soutien des prix de l’énergie. Dans l’ensemble, la solidité de la production intérieure a fait contraste avec un contexte extérieur encore fragile.
Aux États-Unis, les données ont fait état d’une croissance en modération mais toujours solide, accompagnée d’une inflation qui reste tenace. Le PIB du premier trimestre a été révisé à la baisse à 1,6 %, contre une prévision de 2,0 %. Cette situation a reflété un ralentissement des dépenses de consommation et des investissements et suscité des inquiétudes quant à la demande sous-jacente. Toutefois, l’activité dans le secteur des biens est demeurée solide, alors que les commandes de biens durables ont bondi de 7,9 % en glissement mensuel, principalement grâce aux équipements de transport. Du côté de l’inflation, l’indice PCE de base a progressé de 0,2 % en rythme mensuel, un résultat inférieur aux attentes, bien que le rythme en variation annuelle ait légèrement augmenté pour atteindre 3,3 %, soulignant la rigidité persistante des prix. Dans l’ensemble, le ralentissement de la croissance et la vigueur de l’inflation ont laissé penser que la Fed pourrait demeurer prudente, ne laissant que peu de place à un assouplissement à court terme.
Marchés obligataires
Alors que l’on attend toujours un accord entre les États-Unis et l’Iran, les taux obligataires ont continué à descendre lentement, suggérant que les marchés commencent peut-être à croire que les effets inflationnistes des troubles au Moyen-Orient vont s’atténuer. Les taux du Trésor américain à 10 ans ont encore reculé de 5 pdb, passant sous la barre des 4,5 %, ce qui porte la baisse à plus de 20 pdb depuis leur sommet d’environ 4,7 % à la mi-mai. Évoluant de pair avec les prix du pétrole, les taux obligataires en Amérique du Nord devraient continuer à diminuer au cours des prochains mois, surtout à mesure que les anticipations de hausses des taux directeurs cèdent la place à une conviction croissante de nouvelles baisses. Déjà, les contrats à terme ne tablent plus pleinement sur une hausse de 25 pdb de la Fed comme prochaine décision. De plus, comme les données du PIB ont fait état cette semaine d’une récession technique au Canada, même une hausse de la Banque du Canada n’est plus entièrement anticipée. En ce qui concerne les écarts, comme pour tous les autres actifs risqués, les turbulences au Moyen-Orient sont considérées depuis longtemps comme terminées. Les écarts des obligations américaines de catégorie investissement s’apprêtent à passer sous les 70 pdb alors que celles à haut rendement se stabilisent autour de 260 pdb.
Marchés boursiers
Les marchés ont atteint de nouveaux sommets, tandis que les cours du pétrole s’apprêtaient à enregistrer leur plus forte baisse mensuelle depuis 2020. L’optimisme suscité par un éventuel accord entre les États-Unis et l’Iran a nourri les espoirs d’une réouverture du détroit d’Ormuz.
Dell a publié les résultats les plus marquants de la semaine, son titre s’envolant de plus de 30 % après que la société eut annoncé un chiffre d’affaires annuel bien supérieur aux prévisions des analystes. La forte demande en serveurs d’IA est à l’origine de cette croissance, attirant des clients tels que CoreWeave et d’autres entreprises, ainsi que de grands fournisseurs d’IA. Dell a enregistré 24 ,4 G$ de commandes liées à l’IA et généré 16,1 G$ de ventes de serveurs d’IA pour le trimestre. La direction a souligné que la demande demeure forte, le trimestre s’étant achevé avec un carnet de commandes de serveurs d’IA s’élevant à 51,3 G$.
De manière plus générale, les titres du secteur des semi-conducteurs connaissent leur meilleur début d’année depuis l’ère des dot-com. L’indice SOXX a progressé de près de 75 % depuis le début de 2026, porté par les 725 G$ d’investissements prévus par les géants de la technologie dans les centres de données et les équipements d’IA pour cette année seulement. Fait à noter, bien que Nvidia reste la plus grande entreprise en termes de capitalisation boursière, ses concurrents, AMD, ARM et Intel, ont connu une progression nettement plus importante cette année.