06/16/2026
Mise à jour sur les taux au Canada
voici une synthèse claire, orientée surtout sur le Canada et sur l’impact probable pour les taux en 2026 et 2027, en tenant compte de l’accord annoncé entre l’Iran et les États-Unis.
À ce stade, le message principal des grands économistes est le suivant : avant l’accord Iran–États-Unis, le consensus penchait déjà vers un statu quo de la Banque du Canada à 2,25 % pendant la majeure partie de 2026, parce que la croissance canadienne est faible, que le marché du travail reste mou et que la montée de l’inflation venait surtout du choc pétrolier plutôt que d’une surchauffe généralisée. [desjardins.com], [economics.td.com], [economics.cibccm.com]
L’accord change surtout l’équilibre des risques. Comme il prévoit la réouverture du détroit d’Ormuz, un arrêt de l’escalade militaire et une levée conditionnelle des sanctions pétrolières américaines contre l’Iran, il réduit la probabilité que le choc pétrolier s’installe durablement. Autrement dit, il enlève une partie de la pression inflationniste qui avait amené les marchés à reparler de hausses de taux. [reuters.com], [usnews.com], [nbc.ca]
Ma synthèse : l’accord rend plus probable un scénario de taux stables au Canada jusqu’à la fin de 2026, et il affaiblit le scénario de hausses en 2027, sans pour autant créer, pour l’instant, un vrai consensus de baisses rapides. [rbcis.com], [economics.td.com], [desjardins.com]
1) Où en était l’économie canadienne avant l’accord?
La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % le 10 juin 2026 et a expliqué que le statu quo permettait d’équilibrer deux risques opposés : une économie faible d’un côté, et des prix de l’énergie élevés de l’autre. Elle a aussi souligné qu’il y avait peu de signes d’une transmission généralisée des hausses d’énergie aux autres prix à la consommation. [economics.td.com], [desjardins.com], [economics.cibccm.com]
Du côté des données, le PIB réel canadien est resté essentiellement inchangé au premier trimestre de 2026, tandis que l’inflation globale a monté à 2,8 % en avril, surtout sous l’effet de l’énergie. En parallèle, les mesures fondamentales d’inflation restaient proches de 2 %, ce qui appuyait l’idée que la poussée inflationniste n’était pas encore largement diffusée. [statcan.gc.ca], [statcan.gc.ca], [banqueducanada.ca], [desjardins.com]
Le Rapport sur la politique monétaire d’avril de la Banque du Canada partait d’une hypothèse où le pétrole resterait élevé à court terme, puis redescendrait graduellement, passant d’environ 90 $ US au deuxième trimestre de 2026 à 75 $ US vers le milieu de 2027. C’est sur cette base qu’elle projetait une inflation plus élevée en 2026, puis un retour autour de 2 % en 2027. [banqueducanada.ca], [banqueducanada.ca], [banqueducanada.ca]
2) Ce que disaient les grands économistes avant la détente géopolitique
Plusieurs grandes maisons étaient déjà alignées sur une idée simple : la Banque du Canada n’avait pas de raison forte d’augmenter ses taux en 2026, malgré le pétrole. TD prévoit un taux directeur inchangé à 2,25 % pendant tout l’horizon 2026-2027, avec un retour de l’inflation fondamentale vers 2 % au premier semestre de 2027. [economics.td.com], [economics.td.com]
Desjardins est très proche de cette lecture : selon son analyse du 10 juin, la Banque du Canada semble à l’aise de maintenir le statu quo, et Desjardins continue de prévoir un taux directeur inchangé jusqu’en 2027. [desjardins.com]
CIBC va dans le même sens à court terme. Le 10 juin, Andrew Grantham écrivait que, malgré les risques des prix du pétrole, la Banque du Canada ne serait probablement pas forcée de relever ses taux et que le réglage actuel devrait rester en place tout au long de 2026. [economics.cibccm.com]
La Banque Nationale était également dans un scénario de maintien en 2026. Son équipe écrivait, fin mai-début juin, que les pressions inflationnistes sous-jacentes restaient contenues au Canada et que cela plaidait pour le maintien du statu quo cette année. [nbc.ca], [nbc.ca]
RBC est l’une des maisons un peu plus hawkish pour 2027 : son scénario de juin prévoit que la Banque du Canada et la Fed restent toutes deux sur pause pendant 2026, mais avec des hausses de 25 points de base débutant au premier semestre de 2027 au Canada. [rbcis.com]
3) Ce que change concrètement l’accord Iran–États-Unis
L’élément décisif, c’est que l’accord n’est pas seulement diplomatique : il inclut la réouverture du détroit d’Ormuz, l’arrêt du blocus naval américain des ports iraniens et une dérogation permettant à l’Iran de recommencer à vendre du pétrole dès la signature, sous conditions. Cela vise directement le canal qui avait ravivé l’inflation : l’offre pétrolière mondiale. [reuters.com], [usnews.com]
Autrement dit, une bonne partie des scénarios d’avril-mai reposait sur l’idée d’un pétrole durablement plus élevé. Si le détroit rouvre réellement et que les exportations iraniennes reviennent, même graduellement, l’hypothèse d’un pétrole élevé “pendant longtemps” devient moins probable. Cela enlève de la force au scénario selon lequel la Banque du Canada aurait dû répondre à un choc énergétique persistant. [banqueducanada.ca], [banqueducanada.ca], [usnews.com]
La Banque Nationale a déjà noté, après l’annonce, que le pétrole a nettement reculé, que l’accord devrait aider à rouvrir Ormuz et que les investisseurs y voient un facteur de réduction de la pression sur les banques centrales et des attentes de hausses. [nbc.ca]
Il faut quand même rester prudent : Reuters souligne qu’il s’agit d’un protocole d’entente menant à 60 jours de négociations supplémentaires, donc ce n’est pas encore un régime définitif et irréversible. Le soulagement sur les taux dépendra donc de la mise en œuvre réelle de l’accord. [reuters.com], [usnews.com]
4) Mon scénario synthèse pour 2026-2027
Taux directeur au Canada
Le scénario le plus solide pour 2026 est maintenant un maintien à 2,25 % jusqu’à la fin de l’année. C’était déjà le cas chez TD, Desjardins, CIBC et la Banque Nationale, et l’accord Iran–États-Unis réduit encore le principal argument en faveur d’une hausse, soit un choc pétrolier durable. [economics.td.com], [desjardins.com], [economics.cibccm.com], [nbc.ca], [nbc.ca]
Pour 2027, je vois désormais trois sous-scénarios :
scénario central : taux encore stables en début d’année, puis réévaluation selon la croissance et l’inflation; [desjardins.com], [economics.td.com]
scénario haussier : si la croissance repart mieux que prévu et que l’inflation sous-jacente remonte, RBC pourrait avoir raison avec quelques hausses de 25 pb en 2027; [rbcis.com]
scénario plus souple : si le pétrole se normalise rapidement et que la faiblesse domestique domine, les hausses de 2027 pourraient être repoussées, voire annulées. [nbc.ca], [economics.td.com], [nbc.ca]
Impact sur les taux variables
Pour les prêts hypothécaires variables, l’effet est assez direct : l’accord augmente la probabilité d’une stabilité prolongée des taux plutôt qu’un retour des hausses. En clair, le risque de surprise haussière à la fin de 2026 me paraît plus faible qu’il y a une semaine. [economics.cibccm.com], [nbc.ca], [desjardins.com]
Impact sur les taux fixes
Pour les taux fixes, la réaction devrait être plus modérée. TD projette des rendements obligataires canadiens à 5 ans autour de 3,15 % au T2 2026, 2,95 % fin 2026 et 2,90 % en 2027, ce qui suggère surtout un plateau ou une légère détente, pas une chute brutale. [economics.td.com]
Donc, même si l’accord apaise les craintes inflationnistes, il ne garantit pas une forte baisse des taux fixes, parce que ceux-ci dépendent aussi des rendements obligataires nord-américains, des primes de terme et du contexte commercial Canada–États-Unis. [economics.td.com], [rbcis.com], [nbc.ca]
Conclusion:
En tenant compte de l’accord Iran–États-Unis, ma lecture est que le scénario le plus probable est désormais : Banque du Canada stable à 2,25 % jusqu’à la fin de 2026, taux variables globalement stables, et 2027 plus incertain mais moins orienté vers des hausses qu’avant l’annonce de l’accord. [desjardins.com], [economics.td.com], [nbc.ca], [rbcis.com]
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