12/04/2025
Nous avons eu le plaisir de discuter avec Marc Dutil, président de CANAM depuis 2003. Il était le pertinent invité de SANS FILTRE, événement de réseautage/conférence de l’AQT. Nous sommes très heureux d’avoir été partenaires et présentateurs de ce beau moment. Voici notre petite entrevue avec lui 😊
Q: Ce qui vous rend le plus fier en général?
Ce qui me rend le plus fier, c’est la croissance des gens. Voir les gens évoluer, se dépasser, c’est ce qui m’anime le plus.
Q : Vous dites que le Québec est une économie de PME. Est-ce une bonne chose ou une mauvaise chose?
Les deux.Le bon côté, c’est que les PME sont agiles : les décisions se prennent rapidement, on ne s’enfarge pas dans des couches de gouvernance inutiles. Si le vent change, on adapte la trajectoire aussi vite. Mais le revers, c’est qu’une fois qu’une PME atteint un certain niveau de confort, que les propriétaires vivent bien et que tout roule, la motivation à aller plus loin est moins évidente.
Dans une grande entreprise, le chemin de croissance est plus “confortable”, mieux balisé, et il y a des ressources. Pour une PME, choisir de croître peut vouloir dire fusionner et risquer de perdre son identité, investir massivement, recruter du talent qu’on n’a pas encore… Il y a un risque d’aliénation, et c’est difficile. Grandir, c’est dur pour une PME.
Q : Qu’est-ce qui fait que vous êtes chez Canam encore aujourd’hui et ce depuis 1989?
Je pense que le fait d’être dans une entreprise familiale change tout. Dans une entreprise uniquement professionnelle, quand les temps sont durs, les “clauses de divorce” sont simples : on se sépare, point. Dans une entreprise familiale, une séparation est beaucoup plus complexe, tant sur le plan émotionnel que sur le plan organisationnel. Cette réalité nous donne de la résilience, elle nous force à affronter les enjeux plutôt que de fuir. Deux étrangers qui ne s’entendent plus peuvent se dire au revoir; dans une famille, ce n’est pas aussi simple. Je pense que cette dynamique explique la longévité.
Q : Pourquoi pensez-vous que l’AQT vous a demandé aujourd’hui de venir sur scène à Sans Filtre?
J’ai toujours eu un petit côté pédagogue, très actif, parfois même explosif dans ma manière de transmettre. Peut-être qu’aujourd’hui, ils n’avaient pas besoin d’un cours technique, mais plutôt d’un cours de philosophie. C’est peut-être ce dont on avait besoin : une occasion de réfléchir, de prendre du recul, de penser autrement.