10/29/2021
Les gens ont davantage tendance à nourrir leurs peurs qu’à évaluer le risque...
Mercredi la Banque du Canada a annoncé que les conditions pourraient être réunies pour une hausse de taux avant le deuxième ou troisième trimestre de 2022.
Conséquence, les médias sensationnalistes nous alarment des hausses de taux à venir en 2022 et après.
D’autres ‘’experts’’ affirment en toute confiance qu’il est préférable de fixer son taux hypothécaire.
Prenons le temps d’analyser le tout. Laissons les médias être sensationnalistes…analysons les choses de façon rationnelle.
Dans un premier temps, beaucoup de gens oublient qu’en plus du taux directeur et des programmes d’achat d’obligations la Banque dispose d’un autre outil, qu’on appelle en anglais ‘’forward guidance’’.
Il s’agit simplement de signaler leurs intentions futures en matière de politique monétaire. Pourquoi la Banque ferait-elle cela ? Cela lui permet d’orienter les anticipations de taux d’intérêt sans réellement les modifier.
Pour mieux comprendre comment, il faut se tourner vers un concept fort intéressant en économie et psychologie qu’on appel : prophétie autoréalisatrice.
Le concept est fort simple. Lorsque la Banque affirme que les conditions pourraient être rassemblées pour une hausse de taux, cela a comme effet de modifier le comportement des consommateurs. Les gens craignent que les hausses diminuent leur pouvoir d’achat. Toute choses égales par ailleurs, une diminution de la consommation et des investissements à pour effet de ralentir l’inflation. Conséquence, si la Banque est crédible, le forwad guidance peut avoir un effet réel sur l’inflation tout comme le taux directeur.
Selon le dernier communiqué, il se pourrait…que les conditions soient réunies. Si on lie entre les lignes, la Banque prépare le marché.
N’oublions pas qu’une part importante de l’inflation actuelle est dû à des facteurs lié à un débalancement de l’offre et de la demande. Tout amélioration à ce niveau aura pour effet de rééquilibrer l’inflation à des niveaux normaux.
Avec la récente hausse des taux fixes, le taux variable devient d’autant plus intéressant en financement résidentiel. Pour un refinancement, il faudrait que le taux directeur soit augmenté de 0.25% à 6 reprises d’ici les 5 prochaines années avant que le taux variable excède les taux fixes actuel. Durant tout ce temps, une économie en intérêt sera réalisée.
Quelqu’un qui souhaite garantir son taux pour les prochains mois se verra ajouter une prime de 0.25%.
La Banque devra donc hausse à 7 reprises le taux directeur avant que le taux variable excède le fixe.
Si l’on regarde les différentes mesures du niveau de l’emploi au Canada, il est très peu probable que la Banque inflige une telle hausse à l’économie à court terme.