19/08/2021
Huit personnes ont participé à la conception d’Ethereum (ETH). Parmi celles-ci, deux d’entre elles, Charles Hoskinson et Gavin Wood, ont choisi de créer des blockchains concurrentes, respectivement Cardano et Polkadot. Mihai Alisie et Joseph Lubin ont tous deux fondé des sociétés qui construisent des applications autour d’Ethereum : Akasha et ConsenSys. Anthony Di Iorio, Amir Chetrit et Jeffrey Wilcke ont choisi de poursuivre leurs parcours dans des secteurs différents. Vitalik Buterin est donc le seul à contribuer activement à l’écosystème d’Ethereum et a logiquement émergé comme son véritable leader.
Né en 1994 en Russie, Vitalik Buterin émigre ensuite avec ses parents au Canada, le pays d’origine de sa mère. Très tôt remarqué pour ses facilités en mathématiques, Buterin a remporté la médaille de bronze lors de l’Olympiade internationale d’informatique en 2012.
"L'un des points les plus importants... est le fait qu'il y a cinq ans, la blockchain ne concernait que Bitcoin, mais aujourd'hui, elle est beaucoup plus importante que Bitcoin..... Pour Ethereum, ce qui nous importe, c'est d'utiliser la blockchain, la technologie qui rend possible la cryptomonnaie décentralisée, et de la généraliser afin que d'autres choses puissent être décentralisées de la même manière."
En 2012, il fonde avec Mihai Alisie Bitcoin Magazine, qui est reconnue comme la première publication sérieuse sur Bitcoin et les cryptomonnaies. Bitcoin Magazine existe toujours et le site compte près de 400 articles écrits par Buterin. Tout en poursuivant son cursus à l’université de Waterloo (qu’il finira par abandonner), il occupe également le poste d’assistant de recherche pour le cryptographe Ian Goldberg.
Durant cette période, Buterin obtient une bourse de 100 000 dollars de la Fondation Thiel pour poursuivre ses travaux sur la blockchain et les cryptomonnaies. Buterin parcourt le monde à la rencontre des acteurs du secteur avant de synthétiser ses idées dans un livre blanc, qu’il présente d’abord à des proches et des amis. Contrairement à ce qu'il pense, les réactions sont très positives et une équipe commence à se constituer autour de son projet.
La première version d'Ethereum est présenté au grand public en janvier 2014 mais c’est en 2015 qu’Ethereum finit par prendre son envol, avec le succès qu’on lui connaît.
En 2017, Bloomberg l’inclut dans la liste des personnalités les plus influentes de la planète et Buterin entre dans le top 10 des personnalités les plus importantes de moins de 40 ans de Forbes.
En dépit de son succès, devenir riche ne semble pas être la motivation première de l’entrepreneur. La multiplication des ICO et les errements de la DeFi auraient été une source d'inquiétude pour lui, selon les propos de son père. Après le bull-run de 2017 et la chute des cours qui a suivi, Vitalik Buterin s’est insurgé : il faut faire la «différence entre gagner des centaines de milliards de dollars en fortune numérique et accomplir quelque chose de significatif pour la société».
Lorsque de fausses rumeurs sur sa mort ont circulé sur Internet en 2017, Ethereum a perdu près de 4 milliards de dollars en termes de capitalisation boursière en quelques heures. Un peu à la manière de Satoshi Nakamoto qui a laissé Bitcoin entre les mains de la communauté, Buterin a donc décidé de prendre du recul. Selon lui, un système ne peut être véritablement décentralisé s'il ne comporte pas d’élément unique dont la défaillance pourrait entraîner l’effondrement de l’ensemble du système. Hudson Jameson, de la Fondation Ethereum, a d’ailleurs souligné que Buterin participe peu aux processus décisionnels, à bien des égards. Buterin continue toutefois de suivre la progression d’Ethereum, notamment celle de la mise à jour 2.0.
L'univers de Buterin ne se limite cependant pas à Ethereum, le jeune homme s'intéresse à de nombreux domaines : l'économie et la finance, notamment en ce qui concerne la gestion des biens publics, l'intelligence artificielle ou l'apprentissage de nouvelles langues et Vitalik Buterin pourrait très bien introduire des concepts novateurs dans le monde moderne.
R.