06/09/2023
Bonjour cher réseau,
Depuis la conférence de presse du PM son excellence Ali Lamine Zein, nos compatriotes se sont prêtés à des analyses pour certains de l'intégralité de son intervention qui a duré 40 minutes et pour d'autres l'analyse s'est portée sur les 5200 milliards de FCFA constituant l'encours de la dette publique de notre pays.
Nous n'apprenons rien à personne, nous partageons juste des informations qui ont échappé à la vigilance des uns et permettre de casser l'asymétrie d'information entre ceux du domaine et les autres qui ont moins la maîtrise du sujet, car comme disait Einstein : "la connaissance s'acquiert par l'expérience, tout le reste n'est qu'information".
D'abord, nous devons tous autant que nous sommes même si nous avons des idéologies différentes avoir un regard critique objectif quand il est question de l'intérêt du pays et mettre toujours le pays devant et toujours le pays.
Les ressources des Etats proviennent des impôts et taxes payés par les individus et les entreprises, des activités commerciales (vente du pétrole par exemple) et des dividendes des entreprises dans lesquelles l'Etat a une participation. L'autre ressource qui est un peu rabaissant est les dons ou les aides. Chaque année l'Etat fait des prévisions budgétaires et sur base de ces prévisions on attribue à chaque entité une part à couvrir et l'Etat se retrouve le plus souvent avec un trou. Ce trou doit être combler et le seul mécanisme c'est de faire appel soit au marché national avec des prestataires qui acceptent de prester et de se voir payés à une échéance plus ou moins longues (une partie de la dette intérieure) ou de faire appel au marché financier avec l'émission des obligations et des bons de trésor (la dette extérieure). De ce qui précède, la dette est donc un processus normal.
Il n'y a donc pas à s'indigner sur le montant de la dette, mais si l'utilisation de la dette a été rationnelle et efficiente. Cela à ce stade seul un audit pourrait permettre de dire où est parti chaque centime de ces 5200 milliards.
Un autre point le Niger appartient à un espace communautaire qui est L'UEMOA et cette union a ses règles qu'elle a établi que les États étaient censés respecter en 2019, mais compte tenu de certains chocs et l'absence d'une parcimonie dans nos États, il a été difficile d'atteindre en 2019 pour tous les États l'ensemble des critères de convergence surtout ceux de premier rangs.
Ici sur la capture vous avez les critères de convergence pour lesquels le Niger ne fait pas défaut et d'ailleurs il a la meilleure maîtrise de sa dette par rapport à la richesse produite.
Notre analyse ou notre interpellation devrait plutôt se porter sur l'utilisation qui a été faite de cette dette et comment nous sommes arrivés à une dette intérieure aussi importante pour un pays disposant de peu de grandes entreprises pour supporter certains chocs et dans lequel la fragilité des banques en termes de liquidité est aussi factuelle. Ce fait conduit à la méfiance des acteurs vis-à-vis des prestations pour l'Etat et donne un mauvais scoring dans l'entendement des prestataires et prêteurs nationaux qui considèrent désormais l'Etat comme mauvais payeur.
Une autre chose pour ceux qui attendent du PM de décortiquer pour satisfaire leurs curiosités ou pour montrer une quelconque bonne foi, je pense qu'il n'y a pas une preuve de mauvaise foi, mais que le PM veut nous mettre devant les faits accompli pour dire si nous voulons travailler il faudrait accepter tous les sacrifices y compris de voir une hausse des impôts parce qu'il ne sera pas celui qui va associer le nom du Niger à un défaut de paiement.
Bonne lecture à vous et je suis ouvert à améliorer ma lecture de la situation avec vos contributions.