25/08/2026
Kenscoff : le bilan s’alourdit à 45 morts, entre promesses de l’État et colère d’une population abandonnée
KENSCOFF, 24 août 2026 — La nuit du 23 au 24 août restera comme l’une des plus meurtrières de ces dernières années à Kenscoff. Au moins 45 personnes, dont des femmes et des enfants, ont été tuées sous les balles des gangs armés, dans des circonstances décrites comme particulièrement brutales. Plusieurs maisons ont également été incendiées et de nombreuses familles ont été contraintes de fuir.
Le bilan, encore provisoire, pourrait continuer à évoluer. Dans les premières heures suivant l’attaque, les informations disponibles faisaient état d’au moins 22 morts. Des sources locales avaient ensuite évoqué jusqu’à 42 victimes. Le chiffre de 45 morts rapporté ce lundi témoigne de l’ampleur du drame qui frappe la commune.
Face à la gravité de la situation, le directeur général de la Police nationale d’Haïti, Vladimir Paraison, s’est rendu ce lundi à Kenscoff. Sur place, le chef de la PNH a tenté de rassurer la population, affirmant que l’institution policière entend rester aux côtés des habitants et apporter une réponse aux groupes armés responsables de l’attaque.
Le gouvernement a, lui aussi, réagi. Dans une déclaration officielle, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a condamné une attaque qualifiée d’« odieuse », exprimé sa solidarité aux familles endeuillées et annoncé le déploiement de renforts. Les autorités affirment que les forces de sécurité sont placées en état d’alerte maximale et promettent de rétablir l’autorité de l’État dans la commune.
Mais à Kenscoff, les promesses se heurtent à une réalité particulièrement douloureuse. Des dizaines de vies ont été fauchées, des femmes et des enfants figurent parmi les victimes, des familles sont en fuite et plusieurs habitations ont été réduites en cendres.
Accablée par le deuil et le sentiment d’abandon, la population est descendue dans les rues ce lundi pour exprimer sa colère. Les habitants dénoncent ce qu’ils considèrent comme l’échec des autorités locales et l’incapacité des pouvoirs publics à assurer leur sécurité.
Dans une commune meurtrie, la colère grandit désormais au même rythme que le bilan des victimes. Entre les déclarations de soutien de l’État et la réalité vécue par les habitants, une question demeure : combien faudra-t-il encore de morts à Kenscoff avant que les promesses de protection ne deviennent enfin une réalité sur le terrain ?
Luder VERNET