21/05/2026
𝙄𝙣𝙨𝙚𝙘𝙪𝙧𝙞𝙩𝙚 : 𝙡'𝙀𝙩𝙖𝙩 𝙚𝙣 𝙧𝙚𝙩𝙧𝙖𝙞𝙩 𝙛𝙖𝙘𝙚 𝙖 𝙡'𝙚𝙭𝙥𝙖𝙣𝙨𝙞𝙤𝙣 𝙙𝙚𝙨 𝙂𝙖𝙣𝙜𝙨
Alors qu’une flotte de véhicules blindés demeure stationnée à proximité de l’aéroport international, plusieurs axes routiers de la zone métropolitaine, notamment à Delmas, Thomassin, Laboule et dans la Plaine du Cul-de-Sac, semblent livrés à eux-mêmes dans un contexte d’insécurité grandissante. Kidnappings, attaques armées et déplacements forcés continuent de rythmer le quotidien d’une population abandonnée à la peur.
De nombreux anciens otages ont pourtant affirmé avoir identifié des zones de séquestration ou des itinéraires utilisés par les ravisseurs après leur libération. Des informations qui, selon plusieurs observateurs, pourraient contribuer à des opérations ciblées contre les réseaux criminels. Mais sur le terrain, les citoyens peinent à constater une véritable stratégie offensive des autorités.
Pendant ce temps, les réunions dites « 𝙨𝙩𝙧𝙖𝙩𝙚𝙜𝙞𝙦𝙪𝙚𝙨 » du CSPN se multiplient, sans résultats visibles capables de freiner l’expansion des groupes armés. Les gangs continuent d’étendre leur contrôle territorial, imposant leur loi dans plusieurs quartiers et axes stratégiques du pays, tandis que les opérations policières apparaissent souvent limitées à des réponses défensives ou à des actions ponctuelles.
Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, en sa qualité de président du Conseil Supérieur de la Police Nationale, est de plus en plus interpellé sur la lenteur des décisions concrètes concernant le déploiement des effectifs, des blindés et des moyens militaires destinés à combattre l’insécurité. Beaucoup s’interrogent sur le fait que des équipements censés renforcer la lutte contre les gangs restent peu visibles dans les zones les plus touchées.
Face à cette situation, plusieurs questions demeurent au cœur du débat national :
Les gangs sont-ils désormais mieux organisés, mieux équipés ou plus stratégiques que les forces de l’ordre réunies ? Pourquoi l’État semble-t-il privilégier une posture de réaction plutôt qu’une véritable reconquête des territoires perdus ? Et surtout, quelle vision réelle les autorités ont-elles pour rétablir la sécurité et l’autorité de l’État dans le pays ?
Dans un État de droit, le monopole de la force légitime appartient aux institutions républicaines. Mais lorsque la population ne voit plus cette autorité s’exercer efficacement sur le territoire, le doute, la colère et la méfiance s’installent profondément dans l’opinion publique.
Luder VERNET