27/11/2020
Voilà 3 ans que j’accompagne des chefs d’entreprise dans leur recherche de financement et je constate que 5% seulement de mes dossiers ont été décidés en agence bancaire ! Cela signifie que la décision de suivre ou de ne pas suivre un chef d’entreprise sur son projet d’investissement a été décidée dans 95% des cas par des personnes qui n’ont jamais rencontré ce dirigeant. Une aberration ?
Est-ce que ce n’est pas là que devrait intervenir la mutation tant attendue du système bancaire ?
Oui les agences bancaires sont enfin rentrées dans le 21ème siècle : Tablettes, canapés, cafés ont envahi les espaces bancaires. La moitié des directeurs d’agence seraient devenus des femmes ? Méfiance… Quand les hommes quittent un métier, ce n’est pas forcément signe que celui-ci devient plus attractif. Mais c’est là un autre sujet…
La mutation des agences, pour l’instant, ce sont des clients qui n’ont même plus besoin d’aller en agence. Une anticipation peut-être sur les nouvelles relations humaines dans un monde post-covid où tout se gère à distance ?
Il est peut-être temps de s’attaquer à un autre sujet de fond et de redonner du pouvoir de décision aux conseillers et directeurs d’agence. Pouvoir sortir d’un RDV bancaire en étant rassuré sur la décision à venir de la banque. Combien de fois, en tant que courtier, il faut que j’explique à un client que certes le conseiller était emballé par son projet mais que ce n’est pas sûr que ce soit cette banque qui donnera un accord de financement ? Quelle drôle d’impression quand, au contraire, c’est le conseiller lui-même qui explique bien au client, avant de terminer le RDV, que de toutes façons ce n’est pas lui qui prendra la décision sur son dossier. Redonner du pouvoir au conseiller pour que le client retrouve de la confiance, de l’estime pour ce banquier sans qui son projet ne pourra pas voir le jour. Redonner du pouvoir aux conseillers, directeurs d’agence pour qu’ils aient davantage plaisir à exercer ce métier. Tout un chantier…