07/30/2026
Voici un post très pertinent de Sébastien Mc Mahon, économiste en chef avec IA Groupe Financier sur les marchés:
Quelques commentaires suite à une journée chargée sur les marchés...
La Réserve fédérale américaine a fait hier ce que presque tout le monde anticipait : elle a laissé son taux directeur inchangé. La surprise est plutôt venue de la réaction des marchés. Les rendements des obligations du gouvernement américain à long terme ont grimpé à leur plus haut niveau en près de deux décennies, tandis que les marchés boursiers ont reculé nettement.
En termes simples, les investisseurs obligataires semblent douter que le prochain président de la Fed sera suffisamment ferme pour maîtriser l'inflation. Ils exigent donc des rendements plus élevés pour détenir des obligations à long terme. Fait révélateur, trois des douze membres votants ont appuyé une hausse de taux immédiate, signe que les pressions en faveur d'un resserrement monétaire gagnent du terrain plutôt que de s'estomper.
Pendant ce temps, les géants technologiques poursuivent leur saison des résultats. Microsoft a bondi d'environ 8 % grâce à la vigueur de ses activités infonuagiques et de l'intelligence artificielle. Meta a plutôt reculé d'environ 9 %, les investisseurs jugeant que la croissance de ses dépenses dépasse celle de ses revenus. Cette divergence est importante : le marché commence à distinguer les gagnants de l'IA des entreprises qui investissent massivement sans démontrer clairement le rendement de ces investissements. Deux autres poids lourds publieront leurs résultats ce soir.
Plus près de nous, le dollar canadien a atteint son plus haut niveau en neuf jours, tandis que les prix du pétrole ont légèrement reculé. Une petite bonne nouvelle sur le front de l'inflation.
Est-ce que la hausse des rendements obligataires signifie que les investisseurs devraient vendre leurs actions? Pas vraiment.
La remontée des taux à long terme est un risque que nous anticipons depuis un moment et pour lequel nous recommandons déjà de se positionner. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles nous privilégions les banques, les sociétés énergétiques et les titres à dividendes plutôt que les obligations à long terme. Une séance volatile après une décision de la Fed, c'est du bruit. L'important, c'est de garder le cap.