07/11/2026
Au-delà de l’embauche, il y a le porteur de rêves…
Il y a une responsabilité profonde derrière l’embauche d’un individu. Quand on y réfléchit vraiment, cette personne deviendra bien plus qu’une employée, elle deviendra un peu comme un membre de la famille.
Nous passons plus de temps au travail qu’à la maison. Nous communiquons davantage avec nos collègues qu’avec notre famille immédiate, et encore plus qu’avec la famille élargie, ce n’est pas rien.
Si nous ne pouvons pas choisir les membres de notre famille, nous pouvons certes choisir nos collaborateurs, nos membres d’équipe ou nos associés.
Chaque entreprise, chaque gestionnaire ou entrepreneur a un jour expérimenté une relation toxique. Parfois, il suffit d’une seule personne pour contaminer une équipe entière, voire menacer l’existence d’une organisation.
Trois questions comme assurance contamination en entrevue, ces trois questions révèlent énormément sur une personne, ses valeurs et ses aspirations :
« Quel serait votre rêve le plus fou ? »
« La famille, pour vous, c’est… ? »
« Les avantages de travailler en équipe sont… ? »
À elles seules, ces trois questions vous en apprendront beaucoup sur la personne, ses valeurs, ses objectifs de vie et, si vous cherchez à pourvoir un poste en équipe, elles vous indiqueront immédiatement si vous avez affaire au bon profil.
La communication comme décontaminant
Si une personne est déjà en poste, l’une des principales causes de toxicité est le sentiment de ne plus s’accomplir, ou de ne plus en avoir l’espoir. Le meilleur antidote passe par la communication.
Qu’est-ce qui pousse quelqu’un à se lever chaque matin, au-delà du salaire ?
La réalisation, l’accomplissement, le dépassement de soi, voilà des moteurs d’engagement extraordinairement puissants.
Que ferions-nous avec un membre de la famille qui semble malheureux ?
Nous lui demanderions ce qui le rendrait heureux. Quels accomplissements souhaite-t-il réaliser cette année ? Quels sont ses rêves les plus fous ?
Lorsque ces questions sont posées avec une écoute active, on peut assister à un changement radical dans le non-verbal, le visage s’illumine, le corps se redresse, les yeux prennent vie, les mots se déversent, et ce, même chez les plus réservés d’entre nous. Car il est impossible pour l’esprit de penser à quelque chose qui l’inspire et de broyer du noir en même temps.
Il ne s’agit pas de pensées magiques, mais bien de transcender une attitude négative en énergie positive. En psychologie positive, on démontre que du moment où un rêve ou un projet est clairement nommé, plus de la moitié de ceux-ci ont des chances de se réaliser, parce que l’esprit stratégique se met naturellement en marche pour en assurer la réalisation.
Pour faire ressortir le meilleur de quelqu’un, il suffit parfois d’écouter ses rêves.
Les cinq grands rêves universels
Derrière chaque employé se cachent de grands rêves de vie, même si les personnalités diffèrent, les aspirations profondes se ressemblent souvent énormément. On retrouve généralement cinq grands rêves universels qui motivent l’être humain :
1 Le rêve de réalisation, le besoin de sentir qu’on évolue, qu’on accomplit quelque chose de sens, qu’on utilise pleinement son potentiel.
2 Le rêve de contribution, le désir d’être utile, de laisser une trace positive, d’apporter une valeur réelle aux autres ou à une organisation.
3 Le rêve de liberté financière, émotionnelle, professionnelle ou créative. Plusieurs employés ne cherchent pas seulement un emploi, ils cherchent une qualité de vie.
4 Le rêve relationnel, le besoin d’appartenir à une équipe saine, d’être reconnu, respecté, apprécié et entouré de relations humaines authentiques.
5 Le rêve d’équilibre et de bonheur, parce qu’au fond, peu importe le titre ou le salaire, la majorité des gens souhaitent simplement vivre une vie alignée, sereine et heureuse.
Quand un gestionnaire comprend quel rêve habite une personne, son approche change complètement. Il ne dirige plus seulement une fonction ou un poste, il accompagne un être humain dans une partie importante de sa vie. Souvent, les comportements toxiques naissent précisément lorsque ces rêves semblent impossibles, ignorés ou étouffés.
À l’inverse, une personne dont les aspirations sont entendues développe davantage de loyauté, d’engagement, de créativité et de motivation. Un employé motivé par ses rêves devient rarement un simple exécutant, il devient un bâtisseur.
Le moteur du changement est dans la question.
Quand une solution est apportée, aussi géniale soit-elle, si la personne a été privée du processus de réflexion, elle y adhérera sans enthousiasme. Si cette solution ne rencontre pas sa propre logique, son application ne sera que temporaire. Sans compter que l’esprit s’atrophie quand on ne lui permet pas de chercher lui-même.
Une seule question peut complètement transformer l’émotion, l’orientation et même la perspective d’une discussion, d’un projet ou d’une analyse. Poser des questions sur les problèmes, ou pire encore, arrivé avec une solution toute faite, alimente ceux qui résistent au changement et qui deviennent toxiques.
« Quel accomplissement souhaites-tu réaliser, aujourd’hui, ce mois-ci, cette année ? »
Ceci n’est qu’un aperçu des effets de la psychologie positive, poser des questions qui nous amènent plus loin dans la réflexion que les problèmes ou la pathologie. L’écoute active deviendra une source d’espoir, qui se transformera en volonté d’agir, qui se matérialisera par la synchronicité et l’accomplissement.
Les leaders comme porteurs de rêves
Au-delà de l’embauche, il y a une personne qui porte des rêves d’accomplissement. C’est aux leaders de l’organisation d’agir en membres de famille, en montrant le chemin, en inspirant, en invitant chacun à pointer du doigt ses aspirations. Et quelquefois, cela ne coûte pas plus cher que de poser une question et d’écouter vraiment.
Certains diront qu’ils risquent ainsi de perdre leur meilleur employé, peut-être. Mais un grand leader sait que le profil entreprenant est appelé à évoluer, avec ou sans son aide. Alors, autant l’accompagner, le meilleur d’entre eux écoutait les aspirations de ses employés, et, lorsqu’un projet satisfaisait ses critères, il l’investissait ou le développait en partenariat à l’interne.
De nombreuses entreprises québécoises ont compris ce modèle, autant dans leurs outils d’amélioration continue, leur approche de psychologie positive que dans leur gestion intermanagériale. Les changements qui se profilent à l’horizon sont enthousiasmants.