21/05/2026
𝐄𝐗𝐓𝐑𝐀𝐈𝐓 𝐃𝐔 𝐂𝐎𝐌𝐏𝐓𝐄 𝐑𝐄𝐍𝐃𝐔 𝐃𝐔 𝐂𝐎𝐍𝐒𝐄𝐈𝐋 𝐃𝐄𝐒 𝐌𝐈𝐍𝐈𝐒𝐓𝐑𝐄𝐒 𝐃𝐔 𝐉𝐄𝐔𝐃𝐈 𝟐𝟏 𝐌𝐀𝐈 𝟐𝟎𝟐𝟔
𝐈.𝟑. 𝐀𝐔 𝐓𝐈𝐓𝐑𝐄 𝐃𝐔 𝐌𝐈𝐍𝐈𝐒𝐓𝐄𝐑𝐄 𝐃𝐄 𝐋’𝐄𝐂𝐎𝐍𝐎𝐌𝐈𝐄 𝐄𝐓 𝐃𝐄𝐒 𝐅𝐈𝐍𝐀𝐍𝐂𝐄𝐒
Le Conseil a adopté quatre (04) rapports.
Le premier rapport est relatif à un projet de décret portant statut général des établissements publics de prévoyance sociale.
Ce décret est une relecture du décret n°2014-679/PRES/PM/MEF/MFPTSS du 1er août 2014 portant statut général des établissements publics de prévoyance sociale.
Cette relecture vise à pallier les insuffisances constatées dans son application et à harmoniser le cadre juridique des établissements publics de prévoyance sociale avec celui des Etats membres de la Conférence interafricaine de la prévoyance sociale.
Les innovations du décret portent entre autres, sur :
- la possibilité pour l’établissement public de prévoyance sociale de bénéficier d’un patrimoine d’affectation dont les conditions sont fixées par arrêté conjoint du ministre chargé de la tutelle technique et du ministre chargé de la tutelle financière ;
- la définition de la composition du Conseil d’administration de l’établissement public de prévoyance sociale dont les ressources proviennent essentiellement de l’Etat ;
- la définition de la composition du Conseil d’administration de l’établissement public de prévoyance sociale en charge de la gestion des régimes d’assurance maladie ;
- la création d’un comité d’audit et d’un comité d’investissement au sein du Conseil d’administration ;
- la prévision de l’établissement d’un contrat de performance devant être conclu entre le Conseil d’administration et le Directeur général.
L’adoption de ce décret permet de renforcer le cadre juridique et institutionnel du système de protection sociale au Burkina Faso.
Le deuxième rapport est relatif à un projet de décret portant déclaration d’utilité publique urgente, les projets de réhabilitation des infrastructures du domaine public ferroviaire du Burkina Faso.
Le domaine public ferroviaire de notre pays fait l’objet d’une occupation anarchique se traduisant par un envahissement des couloirs ferroviaires à la sortie des agglomérations et des emprises des gares par des riverains aux fins d’activités diverses ou d’érection d’habitats spontanés.
Cette situation compromet la sécurité des installations, des convois ferroviaires et la mise en œuvre des projets de réhabilitation envisagés par la Société de gestion du patrimoine ferroviaire du Burkina (SOPAFER-B).
Ce décret vise à déclarer d’utilité publique urgente les projets de réhabilitation des infrastructures du domaine public ferroviaire du Burkina Faso afin de permettre la libération des emprises des sites en vue de sauvegarder le patrimoine ferroviaire et de prévenir les risques d’arrêt du trafic.
Les projets de réhabilitation envisagés concernent :
- la remise en état des infrastructures ferroviaires à travers une régénération intégrale des 622 km du linéaire, de manière à permettre un trafic avec une charge de 20 tonnes par essieu contre 17 tonnes par essieu actuellement ;
- le renouvellement de la voie ferrée et ses dépendances de manière à réduire le temps de parcours pour le transport international et à relever la vitesse moyenne à 100 km/h ;
- la mise en place d’un système de signalisation moderne permettant l’amélioration de la sécurité et la gestion automatisée des circulations ferroviaires.
L’adoption de ce décret permet de déclarer d’utilité publique urgente les projets de réhabilitation des infrastructures du domaine public ferroviaire du Burkina Faso.
Le troisième rapport est relatif à la situation d’exécution du budget et de la trésorerie de l’Etat, exercice 2026, au 31 mars.
Au 31 mars 2026, les recettes budgétaires recouvrées atteignent 807,56 milliards F CFA, pour un objectif trimestriel de 748,60 milliards F CFA, correspondant à un taux d’exécution de 107,88% sur le trimestre et de 22,71% sur l’année.
Au terme du premier trimestre 2026, le niveau d’exécution des crédits de paiement s’établit à 741,23 milliards F CFA, sur une prévision de 3 918,29 milliards F CFA, soit un taux d’exécution de 18,92%.
A la même date en 2025, le montant des dépenses exécutées était de 730,24 milliards F CFA.
Au niveau de la gestion de la trésorerie, au 31 mars 2026, au total 1 453,44 milliards F CFA ont été encaissés sur des comptes de disponibilités des comptables directs du trésor, contre 911,20 milliards F CFA à la même période en 2025, soit un taux de progression de 59,51%.
Le montant total des décaissements effectués par le Trésor public se chiffre à 1 245,33 milliards F CFA contre 969,70 milliards F CFA à la même période en 2025.
En rapprochant les encaissements des décaissements, il se dégage un solde créditeur de 208,11 milliards F CFA.
A l’issue du premier trimestre 2026, une analyse des principaux soldes et indicateurs permet d’apprécier la performance de la mise en œuvre des mesures prises en matière de gouvernance budgétaire et économique.
Ainsi, au 31 mars 2026, il se dégage une épargne budgétaire de 239,45 milliards F CFA et un solde budgétaire global excédentaire de
66,33 milliards F CFA. A fin mars 2025, l’épargne budgétaire était excédentaire de 86,32 milliards F CFA et le solde budgétaire global déficitaire de 52,68 milliards F CFA.
Au regard de ces performances, le Conseil recommande aux acteurs de poursuivre les efforts en faveur de l’efficacité budgétaire et invite les ordonnateurs à réengager en priorité sur le budget 2026, les dépenses non abouties des exercices 2025 et antérieurs, avant tout nouvel engagement afin d’éviter l’accumulation de la dette intérieure.
Le Conseil a marqué son accord pour la transmission du rapport sur la situation d’exécution du budget et de la trésorerie de l’Etat, exercice 2026, au 31 mars à l’Assemblée législative du Peuple.
Le quatrième rapport est relatif à un projet de décret portant création du Fonds souverain minier d’investissements du Burkina Faso (FSMIB) « Siniyan-Sigui ».
Depuis plusieurs mois, le cours de l’or connaît une hausse historique franchissant le seuil de 4000 dollars américains (USD) l’once, soit environ 78 000 F CFA le gramme.
Cette conjoncture exceptionnelle génère des revenus miniers excédentaires considérables pour l’Etat, dont la capitalisation structurée permettrait de transformer une rente conjoncturelle en un levier de développement durable.
Malgré cette embellie du cours de l’or, des insuffisances majeures ont été relevées, notamment l’absence d’un mécanisme dédié à la captation et à la gestion des recettes minières excédentaires ainsi que celle d’épargne intergénérationnelle permettant aux générations futures de bénéficier des rentes minières actuelles.
Au regard de la place stratégique du secteur des mines dans l’économie nationale, il est impératif de doter notre pays d’un fonds souverain adossé aux ressources minières.
Le présent décret vise la mise en place dudit fonds pour entre autres :
- financer de manière autonome des infrastructures stratégiques et la relance industrielle nationale ;
- renforcer la souveraineté financière du Burkina Faso et améliorer sa notation souveraine.
L’adoption de ce décret permet la création du Fonds souverain minier d’investissements « Siniyan-Sigui » en vue de la transformation des rentes minières en levier de développement durable et de souveraineté économique au profit des populations du Burkina Faso.
𝐈𝐈. 𝐂𝐎𝐌𝐌𝐔𝐍𝐈𝐂𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍𝐒 𝐎𝐑𝐀𝐋𝐄𝐒
𝐈𝐈.𝟏. 𝐋𝐞 𝐦𝐢𝐧𝐢𝐬𝐭𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐄𝐜𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐞 𝐞𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐟𝐢𝐧𝐚𝐧𝐜𝐞𝐬 a fait au Conseil deux (02) communications :
La première communication est relative à la situation économique et financière du Burkina Faso en 2025, les premières tendances en 2026 et les perspectives 2027-2029.
Sur la base des données quasi-définitives, l’économie burkinabè affiche une croissance de 5,3% en 2025 après 4,8% en 2024, confirmant ainsi une trajectoire ascendante encourageante.
Cette croissance, moins forte que les précédentes prévisions en raison d’une révision à la baisse des performances des secteurs secondaire et tertiaire, témoigne néanmoins d’une résilience économique remarquable et d’un renforcement des acquis de croissance grâce aux efforts soutenus du Gouvernement.
L’inflation s’établit à -0,5% pour l’année 2025 en baisse de 4,7 points de pourcentage par rapport à 2024. Cette évolution reflète principalement les effets de la bonne campagne agricole 2025/2026 sur les prix des produits alimentaires.
En 2026, l’activité économique évoluerait dans un environnement international toujours marqué par les incertitudes géopolitiques et commerciales, avec leurs effets potentiels sur le cours des matières premières et l’économie.
Malgré ce contexte, les perspectives économiques nationales demeurent encourageantes, portées par la poursuite des efforts de reconquête du territoire et les perspectives d’une bonne campagne agro-pastorale.
L’activité économique maintiendrait sa trajectoire ascendante avec une croissance projetée à 5,7% en 2026 après 5,3% en 2025 en scénario tendanciel mais pourrait atteindre une croissance de 7,7% avec la mise en œuvre du Plan RELANCE 2026-2030.
Sur la période 2027-2030, l’économie s’inscrirait sur une trajectoire de croissance soutenue avec des taux de 6,1% en 2027, de 5,5% en 2028 et de 5,3% en 2029.
Cette dynamique serait portée par l’ensemble des secteurs. L’inflation resterait maîtrisée en dessous de 3% sur l’ensemble de la période 2027-2029 sous l’hypothèse d’une bonne campagne agricole, de l’amélioration de la situation sécuritaire nationale, de la poursuite des mesures gouvernementales de lutte contre la vie chère et de l’atténuation des tensions géopolitiques.
La seconde communication est relative à la situation d’exécution du budget et de la trésorerie de l’Etat, exercice 2025, au 31 décembre.
Au 31 décembre 2025, les recettes budgétaires ont été recouvrées à hauteur de 3 693,71 milliards F CFA, soit un taux de recouvrement de 108,40%. Comparé au niveau des recouvrements au 31 décembre 2024 qui était de 2 947,67 milliards F CFA, il ressort une progression de 746,04 milliards F CFA et une hausse de la performance de recouvrement de 14,99 points de pourcentage.
Au titre de l’exécution des dépenses budgétaires, le niveau d’exécution du budget de l’Etat s’établit à 4 076,77 milliards F CFA sur une prévision des Crédits de paiement (CP) ajustés de 4 095,41 milliards F CFA, soit un taux d’exécution de 99,55%.
A la même date en 2024, le montant des dépenses exécutées était de 3 666,13 milliards F CFA, correspondant à un taux d’exécution de 98,92% sur les CP ajustés de 3 706,12 milliards F CFA.
Au titre de la gestion de la trésorerie, au total 5 082,05 milliards F CFA ont été encaissés sur des comptes de disponibilités des comptables directs du trésor, contre 3 919,20 milliards F CFA au 31 décembre 2024, soit un taux de progression annuelle de 29,67%.
Le montant total des décaissements effectués par le Trésor public se chiffre à 5 022,73 milliards F CFA contre 3 814,86 milliards F CFA à la même période en 2024, soit un taux de progression annuelle de 31,66%.
En rapprochant les encaissements des décaissements, il se dégage un solde créditeur de 59,32 milliards F CFA.
Au 31 décembre 2025, l’épargne budgétaire est ressortie à 625,35 milliards F CFA contre 347,96 milliards F CFA en 2024, soit une amélioration de 277,39 milliards F CFA et un solde budgétaire global déficitaire de 506,48 milliards F CFA pour une prévision corrigée de -813,06 milliards F CFA.
Au regard de la situation d’exécution du budget au 31 décembre 2025 et dans le cadre de la poursuite des actions visant l’efficacité de la dépense budgétaire, le Conseil a instruit les ordonnateurs de poursuivre le réengagement des dépenses non abouties des budgets 2025 et antérieurs sur le budget 2026 avant tout engagement de nouvelles dépenses, afin d’éviter la constitution de nouvelles dettes.
𝐈𝐈𝐈. 𝐍𝐎𝐌𝐈𝐍𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍𝐒
𝐈𝐈𝐈.𝟏. 𝐍𝐎𝐌𝐈𝐍𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍𝐒 𝐃𝐀𝐍𝐒 𝐋𝐄𝐒 𝐅𝐎𝐍𝐂𝐓𝐈𝐎𝐍𝐒 𝐈𝐍𝐃𝐈𝐕𝐈𝐃𝐔𝐄𝐋𝐋𝐄𝐒
𝐂. 𝐀𝐔 𝐓𝐈𝐓𝐑𝐄 𝐃𝐔 𝐌𝐈𝐍𝐈𝐒𝐓𝐄𝐑𝐄 𝐃𝐄 𝐋’𝐄𝐂𝐎𝐍𝐎𝐌𝐈𝐄 𝐄𝐓 𝐃𝐄𝐒 𝐅𝐈𝐍𝐀𝐍𝐂𝐄𝐒
- Madame Nana BANDRE/TRAORE, Mle 58 465 E, Inspecteur des impôts, 2e classe, 6e échelon, est nommée Conseiller fiscal de la Caisse autonome de retraite des fonctionnaires ;
- Monsieur Romiald Samdpawendé NIKIEMA, Mle 57 139 W, Inspecteur des impôts, 2e classe, 1er échelon, est nommé Directeur du Centre des
impôts de Ouaga VI
- Monsieur Lassané KARGOUGOU, Mle 55 744 D, Inspecteur des impôts, 2e classe, 4e échelon, est nommé Directeur des moyennes entreprises du Centre IV ;
- Madame Orokia DIABI/SANOGO, Mle 239 762 Y, Contrôleur des services financiers, 2e classe, 2e échelon, est nommée Comptable principal des matières de l’Agence burkinabè pour l’emploi « Faso Tonlo Zï » ;
- Monsieur Bassene BAKONE, Mle 346 173 X, Inspecteur des douanes, catégorie I, grade initial, 4e échelon, est nommé Membre permanent à la Coordination nationale de lutte contre la fraude.